les arbres noient
leurs branches tentaculaires
blanches dans la paix bleue pénombre
des pas
font naufrage sur le pavé
et si personne
ne les entend?
là, l’abri de l’attente
l’aimant des autobus
ces nuages numériques
et nous les gouttes d’eau
la marchandise
les données
des zéros des uns
des cellules, clic droit
coller uniquement les valeurs
un fracas morcelle le cycle
de la condensation
s’empare de l’oxygène
une inspiration de verre
engloutit les vers
excès de vitesse
sirènes sirènes
effritent nerfs frisent cheveux
des échines ondulantes
dans les rues où nous laissons des empreintes
sur dix milles pas
des kilomètres
nuits d’automne une femme seule
à cette heure-ci
non non non
du verre cassé
percussions cardiaques
cette ville n’est pas un lieu sûr
ce monde n’est pas un lieu sûr
capitale de l’homicide
un titre
l’insécurité
une statistique
les nouvelles
des stéréotypes
la peur
une émotion
un poème
des mots
quelles sont les berceuses
des retours nocturnes?
l’impression d’être
trop petite
trop innocente
trop vulnérable
de trop
dans ce monde rapide et furieux
où les rues clament
leur désert
lorsqu’un chiffre à pied
tente de mettre fin à l’infini
prenons la souveraineté de
nos crocs de louve
hurlons nouvelle lune, pleine lune
le verre sucré du voûte
se dissoudra
rappelle-toi
ce que c’est d’être
en sécurité
pose-toi
pour écrire lorsque
l’anxiété semble immortelle
brandissons la clé des révolutions éphémères
les mots qui rassurent : je suis arrivée chez moi
peignant celles que nous devons être
des expressions furtives de la nuit
reines de l’esquive discrète