Une Ontarienne, nouvellement arrivée à Hay River, raconte son périple en canot jusqu’au Baker Lake, une expérience incroyable.
Pour certains, il n’y a rien comme explorer un pays par la voie maritime. Parcourir les cours d’eau, en quête de nouveaux territoires, c’est ce qu’Hannah Orfald-Clarke a fait en 2007. Avec treize autres jeunes, elle est partie d’Ontario en direction de Yellowknife, en avion pour ensuite décoller vers Lutselk’e, point de départ du voyage. Quarante-huit jours de canotage et de portage les attendaient, à travers la toundra et les eaux froides, jusqu’à Baker Lake. « J’avais 12 ans quand j’ai commencé à participer à ce camp de canot (Wanapitei). Chaque année, je rêvais de ce voyage, la grande finale, le V2 », confie Hannah Orfald-Clarke.
Accompagnés de deux guides, la troupe d’expérimentés a pu voir des merveilles de la nature, tels des aigles, des ours et des bernaches, au fil des coups de pagaies. « J’étais tellement nerveuse avant de partir. Je me disais, je vais être prise là. Je ne peux pas partir quand je veux. J’ai beaucoup parlé avec mon frère qui a fait ce voyage avant moi », raconte la canoteuse de 22 ans. Ce type de périple demande une préparation sérieuse et l’acquisition de certaines techniques, comme le portage et c’est ce que le camp Wanapitei permet. Chaque année, les participants vont un peu plus loin dans leur apprentissage, jusqu’à l’activité finale, le défi ultime.
Malgré un bagage de connaissances avancées en canot, il n’en reste pas moins que l’aventure était de taille. De juillet à octobre, les 14 jeunes de Wanapitei ont pagayé contre le vent, la pluie et le froid. « Notre voyage était vraiment pushy. Nous avions très peu de temps pour le faire, c’était pressant et vraiment plus difficile que les voyages précédents », ajoute Hannah. Néanmoins, elle a pu voir le Nord comme elle ne l’avait jamais vu auparavant. Elle et son copain Jamie ont d’ailleurs présenté les photos de leur aventure, il y a de cela quelques semaines, à la bibliothèque de Hay River. Un réel plaisir pour les yeux et les oreilles. « Je n’avais jamais été dans le Nord avant. Ce n’était pas familier pour moi. J’ai été émerveillée par la beauté des paysages. Tu te sens comme la seule personne au monde. Tu regardes autour et il n’y a rien », dit-elle, des étoiles dans les yeux.
Le retour
Deux mois de canotage ont suffi à Hannah Orfald-Clarke pour lui donner la piqûre du Grand Nord. Résidente d’Ottawa, elle poursuit maintenant des études universitaires en science de la nutrition, en formation à distance. Car oui, Hannah est de retour au-dessus du 60e parallèle, à Hay River cette fois, le temps d’un hiver, aux côtés de son copain. « Je suis excitée d’être de retour. J’aime les petites villes, il y a tellement d’occasions, je m’y sens bien », avoue la jeune sportive. Pas facile cependant lorsqu’on aime être dehors de vivre l’hiver nordique. Disons que le mode d’hibernation lui plaît un peu moins, elle qui rêve de barbecues et de fêtes, sous le soleil qui ne se couche presque jamais.