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le Jeudi 2 février 2012 13:52 | mis à jour le 20 mars 2025 10:38 Éducation

Collège des TNO À qui la faute?

Collège des TNO À qui la faute?
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Le Collège des Territoires du Nord-Ouest n’est plus, il a cessé ses activités le 26 janvier 2012.

« Je vous informe que depuis jeudi soir, 26 janvier 2012, je ne suis plus à l’emploi du Collège. J’ai été mis à pied pour insuffisance de fonds. »
Tels étaient les mots de l’ancien directeur du Collège des Territoires du Nord-Ouest, Jean-Pierre Joly, que l’on pouvait lire sur différentes affiches du NWT Commerce Place sur la 49e Rue à Yellowknife.
Le mutisme est presque complet sur cette question, tant du côté du conseil d’administration du Collège que de la Fédération franco-ténoise et du ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation.
Dans les jours qui ont suivi cette annonce, un nouvel acteur a semblé se pointer à l’horizon, le Collège nordique francophone, une société mise sur pied l’automne dernier et qui vise aussi à appuyer l’enseignement postsecondaire. Le président par intérim du Conseil d’administration de ce collège, Jean Marie Mariez, a reconnu que ce collège veut reprendre là où le Collège des TNO n’a pu réussir, soit en se dotant d’un CA autonome.
Les choses s’annonçaient pourtant bien pour le Collège lorsque, le 21 février 2009, il a ouvert ses portes, annonçant par le fait même le début d’activités de formation qu’il allait donner.
Le premier directeur, Donald Violette, parlait déjà de projets comme les cours de français donnés aux adultes par un professeur québécois.
Le projet a démarré grâce à une initiative de la Fédération franco-ténoise. Le conseil d’administration, ainsi que le directeur Léo-Paul Provencher, avaient lancé l’idée en 2006 que les francophones aient accès à de l’enseignement postsecondaire en français.
Petit à petit, la machine s’est activée, allant chercher des subventions auprès du gouvernement territorial, jusqu’à son ouverture.
Mais voilà, pas même une année s’était écoulée qu’en décembre 2009, le directeur Donald Violette était remercié par la Fédération franco-ténoise.
L’ancien directeur a remis en question le salaire de secrétariat qui avait été versé à l’adjointe administrative du moment, Sylvie Carignan, affirmant que les sommes payées n’équivalaient pas au travail qu’elle fournissait à l’institution.
En août 2010, un nouveau directeur entrait en fonction pour le Collège des TNO, Jean-Pierre Joly.

Manque de fonds

Le nouveau directeur savait que par son embauche, le moment était venu pour le Collège de prendre son envol pour se détacher du mandat de la Fédération franco-ténoise.
Il y a une semaine, le journal L’Aquilon entendait une rumeur voulant que la formation de fonctionnaires qu’offrait l’institution francophone soit désormais donnée par un autre établissement scolaire.
Les rumeurs s’étaient vues démenties, jusqu’à ce que le communiqué de fin d’emploi de Jean-Pierre Joly soit dévoilé au grand jour.
Le directeur a été mis à pied et le Collège cessera ses activités. Le conseil d’administration a ainsi décidé de suspendre la programmation de l’hiver 2012, qui devait s’amorcer sous peu.
Jean-Pierre Joly affirmait par le fait même que le gouvernement territorial mettrait fin au financement du Collège des TNO dès le 31 mars 2012.
Pourtant, selon le sous-ministre de l’Éducation, Dan Daniels, le financement pour le Collège est toujours existant.
Le manque de fonds ne serait pas non plus dû au gouvernement territorial.
« Notre financement n’a pas changé du tout, affirme Dan Daniels. Nous fournissons bel et bien du financement pour la programmation du collège francophone. C’est environ 200 000 dollars par année que nous nous fournissons. »
D’où provient alors le manque de fonds du Collège des TNO?
Par le passé, comme l’établissement de formation était sous la tutelle de la Fédération franco-ténoise, l’organisme politique devait verser une partie des fonds en salaires pour ses services administratifs.
Il est possible que ces factures aient causé une baisse considérable des réserves sur lesquelles comptait le Collège.
Le président de l’organisme politique francophone, Richard Létourneau, a refusé tout commentaire dans cette affaire.
Le directeur de l’institution de formation, lui, est introuvable depuis l’annonce de sa mise à pied.

Indépendance

Dans sa lettre, Jean-Pierre Joly mentionne que toute question sur la suite des choses doit être adressée au président du conseil d’administration, Paul Fleury.
Le sous-ministre de l’Éducation, Dan Daniels, réfère aussi à Paul Fleury.
« Il y a eu des discussions en lien avec la Fédération franco-ténoise et le Collège, et peut-être aussi le conseil d’administration du Collège, indique le sous-ministre. M. Fleury pourrait peut-être vous fournir plus d’information là-dessus. »
Or, au moment de la mise en presse, il a été impossible de joindre le comptable Paul Fleury afin d’en savoir davantage sur les circonstances de la décision du conseil d’administration.
Par contre, il y a un autre facteur qu’il faut considérer.
En août 2011, le directeur de la Fédération franco-ténoise du moment, Francis Lemieux, affirmait alors que Jean-Pierre Joly était bien au courant qu’il allait devoir mener l’école de formation à l’autonomie.
C’est ce qu’a entrepris le nouveau directeur dans un long processus qui a mené, en décembre 2011, à l’élection d’un premier conseil d’administration que l’on espérait indépendant.
Toutefois, c’est quelque chose qui aurait dû survenir cinq mois plus tôt, le 1er juillet. Le ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation exigeait que le Collège des TNO soit indépendant à cette date avec la création d’un conseil d’administration complet et indépendant de la Fédération franco-ténoise.
Ce n’est pas ce qui a eu lieu puisque c’est finalement en décembre que le premier conseil a été formé, constitué seulement de trois membres. Cinq membres auraient été nécessaires pour que le Collège soit reconnu autonome.
De plus, sur les trois membres du conseil, son président, Paul Fleury, siège aussi au conseil de la Fédération franco-ténoise.
Le Collège des TNO n’est donc pas parvenu à se dissocier complètement de son tuteur.

Un nouveau collège

Entre temps, divers acteurs de la communauté francophone s’étaient rassemblés à la suite de l’échec du Collège des TNO, en juillet, d’obtenir son indépendance.
En novembre 2011, un nouveau collège s’est formé et a déposé une demande au ministère de l’Éducation afin d’obtenir du financement pour de l’enseignement en français.
Le sous-ministre Dan Daniels, a confirmé la nouvelle communiquée par Jean-Pierre Joly voulant que le financement pour le Collège des TNO soit être versé à un nouveau collège qui serait attendu le 1er avril 2012.
« Nous attendons une confirmation à savoir si le nouveau collège sera mis en place avec un conseil d’administration, confirme Dan Daniels. Nous aimerions voir plus de partenariat entre ce collège et celui au fédéral. Et nous voulons nous assurer que les décisions sont prises dans une perspective de viabilité et dans la possibilité d’établir des partenariats. »
Les acteurs de ce nouveau collège sont pour le moment inconnus et il est aussi impossible de déterminer s’il parviendra à obtenir l’approbation du ministère.
Toutefois, ce nouvel établissement postsecondaire, qui pourrait se nommer Collège nordique francophone, se retrouve maintenant seul dans la course pour recevoir le financement autrefois octroyé au Collège des TNO.