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le Jeudi 29 septembre 2011 16:30 | mis à jour le 20 mars 2025 10:38 Divers

Un Twin Otter s’écrase dans le vieux Yellowknife Les deux pilotes périssent dans l’accident

Un Twin Otter s’écrase dans le vieux Yellowknife Les deux pilotes périssent dans l’accident
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Le Nord a de nouveau été secoué la semaine dernière alors qu’un hydravion s’est écrasé sur MacDonald Drive dans le vieux Yellowknife.

 

L’écrasement de l’hydravion a tué sur le coup les deux pilotes, Nicole Stacey, 26 ans, et Trevor Jonasson, 36 ans.

Les autres passagers, employés et invités de la compagnie Avalon Rare Metals, ont été blessés, certains gravement, et ont été transportés à l’hôpital Stanton de Yellowknife. L’un des blessés a ensuite été transféré à Edmonton pour des blessures au dos.

L’hydravion de la compagnie aérienne Arctic Sunwest revenait d’un site d’exploration d’Avalon Rare Metals, près de Thor Lake. On ne sait toujours pas ce qui a causé l’engin à s’écraser dans un espace vacant entre deux condos, sur MacDonald Drive, jeudi après-midi.

Des enquêteurs ont été dépêchés sur les lieux vendredi pour tenter de reconstituer la scène.

En entrevue avec Northern News, un résident du vieux Yellowknife, Allan Short, explique qu’il a vu l’hydravion se retrouver à la verticale, comme si le pilote Jonasson ou la copilote Stacey avait tenté de redresser l’appareil dans le ciel. Il aurait ensuite tenté une manœuvre d’atterrissage, mais avec peu d’espace, les ailes se sont heurtées aux résidences, s’écrasant au sol.

 

Hypothèses

 

Plusieurs facteurs pourraient avoir fait une différence dans cet accident, selon Vincent Méreau, de la Fédération franco-ténoise, qui a déjà travaillé pour la compagnie Arctic Sunwest.

« Ces appareils sont vieux et tu as la double commande, automatique et manuelle », explique-t-il. « Comme ce sont des vieux appareils, le changement entre les deux en plein vol prend un certain temps. Ça reste rapide, mais quand tu es dans une situation critique, tu n’as pas le temps. »

Il ajoute qu’il est possible que cet appareil n’était pas doté d’un système de direction hydraulique, qui fonctionne sensiblement sur le même principe que la direction assistée sur une voiture.

« Sur un Twin Otter, comme il n’y a pas d’assistance hydraulique, il faut souvent être deux personnes pour tirer sur le manche si l’avion est mal pris pour reprendre de l’altitude. », soutient-il.

 

Pilotes en attente

 

Il est possible que c’était Nicole Stacey qui était aux commandes de l’appareil lorsqu’il s’est écrasé. La copilote d’Arctic Sunwest et réserviste de l’armée canadienne faisait partie de ce que le milieu aérien nordique appelle des « waiting pilots », des pilotes en attente.

Ces pilotes sont dans l’impossibilité de se trouver un poste comme pilote dans les compagnies aériennes plus grosses et viennent acquérir de l’expérience dans le Nord, en attente d’un poste ailleurs.

Depuis le début de l’été, Nicole Stacey commençait à faire ses premières heures de vol avec Arctic Sunwest, elle qui avait travaillé avec Vincent Méreau dans le département d’envoi et de réception de marchandises.

Vincent soumet ainsi l’hypothèse qu’elle pilotait l’hydravion pour pratiquer une phase d’atterrissage, ou plutôt d’amerrissage dans le cas présent.

Compte tenu de la situation météorologique, de la condition de l’avion, il est possible que ce passage en manuel pour faire amerrir l’hydravion ait pris trop de temps, causant l’écrasement du Twin Otter.  

 

Elle était comme Indiana Jones

 

Vincent Méreau a très bien connu Nicole Stacey en tant que collègue. Avant qu’elle ne commence ses heures de vol, elle a été en collaboration directe avec l’actuel agent de développement de la Fédération franco-ténoise, à la réception de l’envoi de marchandises.

« C’était une fille qui était extrêmement capable », décrit Vincent. « Quand je dis ça, c’est-à-dire que pour moi, quelqu’un de la ville, elle était comme Indiana Jones. Elle savait tout faire. C’était une fille pleine d’énergie. À 26 ans… j’ai pas fait le dixième de ce qu’elle a fait. »

Dans le cas des passagers du vol, les employés d’Avalon Rare Metals ont tous été autorisés à quitter l’hôpital. Deux des invités de la compagnie ont pu aussi quitter les centres hospitaliers alors que deux autres y sont encore pour traiter des blessures plus importantes. Aucune vie n’est toutefois en danger.