le Lundi 11 mai 2026
le Jeudi 5 mai 2011 20:33 | mis à jour le 20 mars 2025 10:38 Éditorial

Éditorial Plein de questions

Éditorial Plein de questions
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Plusieurs observateurs ont été estomaqués par les résultats du vote le 2 mai dernier. L’étonnement n’a pas été causé tant par l’élection d’un gouvernement majoritaire conservateur, mais plutôt par la performance du NPD (notamment au Québec), la dégringolade du Parti libéral du Canada (PLC) et l’effondrement du Bloc Québécois.

Plusieurs questions se posent sur l’avenir du portrait politique canadien, mais celles de l’avenir du Parti libéral du Canada et du Bloc Québécois feront partie de notre quotidien pour encore quatre années.

Le Parti libéral a toujours formé soit le gouvernement, soit l’opposition officielle. Le 2 mai, ils ont perdu plus de la moitié de leurs députés et ont été détrônés du rôle d’opposition officielle. Est-ce que c’est la fin du Parti libéral du Canada?
La question est judicieuse, surtout si on compare l’échiquier politique canadien à celui de la Grande-Bretagne où il reste à peu près deux options politiques : le Parti conservateur ou le Labour Party. Je n’ai pas de réponse à cette question, mais je crois sincèrement que le PLC n’est pas dans la même situation que sa contrepartie britannique. Ici, jamais le NPD n’a été au pouvoir à l’échelle fédérale. Il n’y a donc pas de tradition gouvernementale à l’échelle fédérale pour le NPD comme avec le Labour Party.

Le PLC devra-t-il se réinventer comme ce fut le cas pour le Parti progressiste-conservateur? Devant les résultats du 2 mai, la réponse est simple : Oui! Mais il serait improbable que le PLC puisse faire comme le Parti conservateur, en ce sens qu’aucun autre parti politique canadien n’a de réelles affinités avec eux. Bien sûr, le virage vert de Stéphane Dion avait créé certains liens de sympathie avec le Parti vert, mais ce mouvement marginal ne pèse pas très lourd dans la balance politique. La solution pour le PLC reposera probablement sur le renouvellement de son leadership et sur le repositionnement de son programme.

Quant au Bloc, c’est un peu difficile à cerner quand on est situé à plus de 4 000 km de son territoire. Est-ce que le Bloc deviendra une aberration politique historique ayant survécu moins de 20 ans? Ça se peut! Mais je crois que la réponse à cette question proviendra davantage des performances des élus néo-démocrates québécois au cours des quatre prochaines années. Dans l’éventualité très probable d’un futur gouvernement péquiste à Québec, les Québécois auront la chance de voir à l’œuvre leurs représentants et d’identifier lequel les représente le mieux.