L’Europe et l’Amérique du Sud sont à égalité au nombre de coupes gagnées, il faut qu’un autre continent intervienne.
Après cette première semaine, les 32 équipes ont toutes joué au moins une fois, et ce que j’ai pu remarquer, c’est que cette coupe du monde s’oriente vers une compétition intercontinentale. C’est la coupe du monde de l’Afrique du Sud, mais c’est surtout celle de l’Afrique, ce continent qui n’a jamais réussi à hisser une équipe de foot plus haut que les quarts de finale d’une coupe du monde (Cameroun, 1990). Pour le berceau de l’humanité, c’est la chance de se regrouper derrière l’une des six équipes, soit l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou le Nigéria, pour enfin voir une équipe africaine faire son entrée dans le club sélect des vainqueurs de la coupe du monde. En effet, depuis la première édition de cette compétition internationale, en 1930, seuls sept pays ont gagné la coupe du monde : le Brésil (cinq fois), l’Italie (quatre fois), l’Allemagne (trois fois), l’Uruguay (deux fois), l’Argentine (deux fois), la France (une fois) et l’Angleterre (une fois).
Alors, pour cette 19e Coupe du monde, je vais faire comme tout Africain, et je vais me ranger derrière le continent plus que derrière une équipe. Oui, je laisse tomber mon nationalisme français et je n’espère même plus que la coupe reste en Europe, car l’Italie a fait une bien piètre entrée en matière contre le Paraguay (1-1), et ses chances de se qualifier reposent sur une équipe accablée par la blessure de son gardien fétiche, Gianluigi Buffon, qui ne sait pas encore s’il pourra revenir au jeu avant la fin du premier tour. Seule l’Allemagne semble avoir huilé tous les rouages de son attaque et demeure un éternel favori avec, cette année, l’Espagne, prête à inonder le monde de son allégresse rouge malgré une première défaite contre l’étonnante équipe suisse. Mais je ne bouillonne pas à cette idée. À la rigueur, si toutes les voix de l’Afrique, sa magie et son jeu agile ne permettent pas au Ghana ou à un pays de l’Afrique noire de soulever le trophée d’or, je vais porter mon dévolu sur une équipe du continent sud-américain. Avec l’Argentine en premier choix, j’espère qu’une équipe hispanophone puisse ajouter une 10e coupe au palmarès sud-américain, devançant ainsi l’Europe d’une coupe. Je dis bien hispanophone, car la suprématie brésilienne aura bien le temps de se faire sentir quand le Brésil accueillera la 20e Coupe du monde, en 2014. Je penche pour l’Argentine, car il ne faut pas négliger l’effet Maradona qui, avec toute l’expérience des finales de coupe du monde (1986 et 1990) qu’il a acquise en tant que numéro 10, saura sûrement transmettre son élan décisif à certains joueurs qu’il a sélectionnés cette année. Pour ce qui est du reste des continents, malgré l’expérience du Mexique et les bonnes performances internationales des États-Unis en 2009, l’Amérique du Nord ne réussira sûrement pas à rapporter une première coupe à la maison. Finalement, la plus grosse surprise serait une performance d’une équipe asiatique ou océanienne.
Je terminerais avec un commentaire que m’a partagé Gaspar, Congolais d’origine, qui résume bien cette première chronique : « J’attends qu’une des six équipes africaines nous offre un espoir quelconque, sinon je vois encore une finale Allemagne-Argentine ».