On entend parfois des critiques sévères sur les activités de repêchage du Canadien au cours des dernières années. Le difficile début de saison des jeunes joueurs de l’équipe, de Price à Kostitsyn, en passant par les Pacioretty, Latendresse et Lapierre, semble en effet pointer vers des faiblesses dans le système de recrutement.
Pourtant, au cours des dernières saisons, la principales référence en matière d’évaluation des espoirs de chacune des équipes (Hockey future) classait le Canadien parmi les cinq meilleures équipes. Cette année, avec les échanges et la promotion de certains jeunes, le club est redescendu au 13e rang.
Certes, il y a une faiblesse dans l’évaluation de Hockey Future qui repose sur le potentiel de chacun des jeunes espoirs. Il faut ensuite regarder les performances réelles de ces jeunes une fois qu’ils atteignent la LNH pour vraiment évaluer le travail du système de repêchage du club.
Pour la plupart des critiques acerbes, la plus grande faiblesse repose sur le côté anecdotique de leur argumentation. La critique la plus fréquente souligne le choix de repêchage du Canadien en 2003, Andrei Kostitsyn qui fut sélectionné au 10e rang, avant certains joueurs talentueux comme Ryan Getzlaf, Brent Seabrook, Dustin Brown, Zach Parisé et Mike Richard. Ou encore, surtout quand il joue mal, ce qui a été le cas de ses 5 derniers mois d’activité, l’année 2005 et le choix de Carey Price au 5e rang, avant des joueurs comme Kopitar ou Setoguchi.
À mon avis, pour poser un jugement plus rigoureux sur la qualité du système de recrutement du Canadien, il faut effectuer une analyse un peu plus exhaustive. En fouinant ici et là sur Internet, j’ai pu mettre la main sur certains faits intéressants. Une analyse des choix de première ronde de 1999 à 2006 présente certaines statistiques intéressantes. L’analyse arrête à 2006 car après cette séance de repêchage, une bonne majorité des choix joue encore dans les rangs juniors ou dans les clubs écoles.
L’analyse regarde d’abord la position moyenne du club dans ses choix des huit années en question. L’équipe qui a sélectionné le plus parmi les premiers a été Columbus (premier repêchage en 2000) avec un rang moyen de repêchage de 5,3. Viennent ensuite des clubs comme Pittsburgh (8,5), Minnesota (8,9) et Atlanta (9,1). Les équipes qui ont sélectionné le plus loin en première ronde sont Dallas (26,7), Détroit (24,0 mais ils n’ont sélectionné que deux fois, ayant échangé leur choix de premières rondes en six occasions) et New Jersey (23,9). Montréal, quant à lui, a une moyenne de 14,2, une position de mi-peloton.
La deuxième partie de l’analyse regarde un indice de succès d’un choix de repêchage soit le nombre de matchs disputés en moyenne par tous les choix des équipes. Vancouver remporte la palme de ce côté, ses sélections de première ronde ayant disputé en moyenne 324 matchs. Suit Atlanta (265), Ottawa (262) et Pittsburgh (261). Les pires résultats reviennent à Tampa Bay (70), Colorado (79) et les Rangers (79). En moyenne, les choix de première ronde de Montréal ont disputé 185 matchs, là aussi un résultat de mi-peloton.
La logique dicte que les équipes qui choisissent en premier devrait aussi obtenir la meilleure moyenne de matchs disputés par ses choix de repêchage. Une comparaison a donc été faite entre la position moyenne de repêchage et la moyenne de matchs disputés. Les trois meilleures équipes sont Ottawa (+20 car Ottawa se situait au 23e rang pour la position moyenne de repêchage et au 3e rang pour le nombre de matchs disputé en moyenne par ses choix), Philadelphie (+16) et Vancouver (+12). Les pires équipes ont été les Rangers (-20), Tampa Bay (-11). Ici encore, Montréal à –2 se retrouve entre les deux extrémités, ayant donc obtenu des résultats qui reflètent bien leur position usuelle au repêchage.
Ces statistiques ne disent pas tout, j’en suis bien conscient, surtout qu’elles couvrent deux années de repêchage sous Réjean Houle, deux années sous André Savard et quatre années sous Bob Gainey. De plus, en se concentrant uniquement sur la première ronde, cela passe sous silence de bonnes acquisitions faite plus loin comme les choix de Zetterberg pour Détroit, Maxime Talbot pour Pittsburgh ou celles de Streit et de Halak pour Montréal.
En résumé, le système de repêchage du Canadien peut s’améliorer. Avec le système actuel cependant, la seule avenue d’amélioration du club repose sur un meilleur positionnement lors des repêchages que ce soit par le biais de transactions impliquant des choix de repêchage ou en finissant plus bas au classement.
Latendresse échangé
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