Le vent d’optimisme qui balayait les rues de Montréal a disparu. Cela s’est produit samedi à la suite d’un placage illégal contre Andrei Markov qui pourrait avoir mis fin à sa saison. Le même soir, l’autre défenseur expérimenté qui animait le jeu de puissance, Mathieu Schneider, subissait aussi une blessure. Depuis, le club a connu deux défaites consécutives qui pourraient être coûteuses.
Cela fait déjà plusieurs années que je considère Markov comme le joueur le plus utile à son club. À titre de défenseur, il est des plus fiables. Rarement pris hors position dans sa zone, il offre peu de bonnes chances de marquer aux équipes adverses dans la zone qu’il défend. Malgré son gabarit modeste, il gagne régulièrement ses batailles pour la possession de la rondelle et est efficace pour garder les joueurs adverses en périphérie tout en coupant les options de passe.
Lorsqu’il reprend possession de la rondelle dans sa zone, il est le meilleur défenseur pour relancer l’attaque. C’est une pièce maîtresse dans le jeu de transition du club. Il peut réaliser des passes extraordinaires en sortie de zone, transporter lui-même la rondelle ou trouver le joueur d’avant libre qui relancera l’attaque.
Une fois en zone offensive, notamment sur le jeu de puissance, Markov est une menace constante. Que ce soit par la fiabilité de ses passes ou par ses décisions de se rapprocher du but adverse pour déborder la défensive ou même son lancer précis, son apport à la production offensive du club est indéniable. En effet, n’eût été de cette blessure, il avait de bonnes chances de terminer au premier rang des pointeurs de son club; il avait 64 points (12 buts et 52 passes) en 78 matchs.
Sans être le défenseur étoile qu’il a déjà été, l’absence de Schneider se fera aussi lourdement sentir. Cette absence est encore plus lourde dans le contexte de la blessure à Markov. Faut-il rappeler que la défense était aussi sans les services de Francis Bouillon? Ou qu’elle doit reposer sur l’apport offensif de Brisebois et Hamrlik sur le jeu de puissance? Ou que le troisième duo est composé de deux jeunes défenseurs du calibre de la ligue américaine
Comptons sur l’ineptie
En ce mercredi matin 8 avril, le club est toujours campé au septième rang de sa conférence, un point devant les Rangers et trois devant la Floride. Tous ces clubs n’ont que deux joutes à disputer. Le chiffre magique pour Montréal est 1. Qu’il obtienne au moins un point contre Boston ou Pittsburgh et sa participation aux séries est assurée. Mais dans les circonstances citées plus haut, les chances du club sont minces d’y parvenir.
Le Canadien doit maintenant compter sur l’ineptie de ses adversaires dans cette course. Les Rangers affronteront les Flyers à deux reprises. S’ils perdent les deux matchs (dont au plus un en prolongation), le Canadien est assuré de les devancer. Quant à la Floride (matchs contre Atlanta et Pittsburgh), une défaite en temps réglementaire ou en prolongation aurait le même résultat.