Vous est-il déjà arrivé d’avoir un besoin urgent d’un dentiste la fin de semaine. Eh bien! moi, ça m’est arrivé pour la première fois de ma vie ce dernier samedi. Une de mes belles couronnes était en train de tomber et branlait dangereusement. J’ai bien essayé, mais en vain, de l’enlever, pour pouvoir attendre au lundi pour la faire cimenter à nouveau. Après avoir essayé, j’ai commencé la chasse à un dentiste dans les Pages jaunes. J’ai appelé à au moins une dizaine de places, situées pas trop loin de chez moi, mais à chaque fois, je me suis heurtée à un répondeur qui me précisait que les bureaux étaient ouverts du lundi au vendredi. J’ai épluché alors toute la liste de dentistes, sans égard pour l’endroit où ils étaient situés. encore une fois, mes efforts se sont révélés infructueux. J’ai alors pensé à me présenter dans une urgence, pour faire enlever ladite dent, mais je me suis dit que ce serait probablement en vain, car les médecins n’empiètent pas sur le terrain de leurs confrères. Un médecin de médecine familiale n’allait pas s’attaquer à une dent, de crainte d’être à son tour attaqué par ses confrères pour dépassement de pouvoir, ou quelque chose du genre, vous me suivez. Si je voulais faire enlever la m…. dent en question, c’est que j’avais peur de l’avaler, un repas de près de 1500 $, car c’est le prix qu’on m’a dit que ça coûterait pour la faire refaire. Donc, pas question de m’étouffer avec un tel montant. En plus que je risquais de me faire du mal, car la dent en question a un pivot. Je risquais donc en plus de me déchirer quelque chose en passant.
Je décide donc d’interroger Google pour trouver une clinique qui serait ouverte un samedi!!! En vain. Je vous le dis tout de suite, mieux vaut chercher une aiguille dans une botte de foin que de chercher un cabinet dentaire ouvert la fin de semaine. Après plusieurs minutes de recherche infructueuse, je commençais à désespérer. C’est alors que me vient la brillante idée d’appeler Info-santé. Après un court temps d’attente, je me retrouve en communication avec une personne qui m’explique la difficulté de l’objet de ma recherche. Elle trouve des cabinets ouverts dans des municipalités en périphérie, c’est-à-dire à assez grande distance de Québec. Finalement, elle me donne trois numéros où je pourrai tenter ma chance, ce que fais aussitôt mon appel terminé. Deux numéros demeurent sans réponse. Le troisième appel, j’ai la chance (je ne savais pas que ce serait ma malchance encore) que ça réponde. Une femme à la voix vulgaire tente de m’expliquer la direction pour me rendre dans son patelin, un quartier que je ne connais pas et qui me semble au bout du monde. Je finis par comprendre, et mon rendez-vous est pour 16 h 30. Il est 13 h 30 au moment où j’appelle. Je réussis à me rendre sans trop de mal et je me heurte à une porte fermée à 16 h. Je décide donc d’aller dans une grande surface pour faire passer le temps avant mon rendez-vous et je reviens à l’heure dite. Une femme (celle a la voix bizarre) est en train d’ouvrir la porte du cabinet. Entre en même temps qu’elle deux hommes et une jeune fille. L’endroit n’est pas très accueillant ni très rassurant. Mais bon, la raison de ma venue n’est pas trop grave. Ça devrait faire, que je me dis. Et je ne pose pas de questions sur les tarifs. Je sais qu’on va me charger plus cher parce que c’est samedi, mais bon, ça ne peut pas être si pire que ça, que je me dis. Je me retrouve dans une salle de patient où ne se retrouve que le strict minimum, soit une chaise et quelques armoires. Je me trouvais bien loin du cabinet que j’avais à Yellowknife, si propre et si bien équipé. Mais encore une fois, je me disais que mon cas n’était pas très grave. Entre finalement le dentiste, un homme malingre, l’un des deux qui est entré en même temps que moi, celui que je croyais être l’autre patient. Il sent mauvais, pue la cigarette et le parfum bon marché. J’ai un peu peur, mais bon, dans quelques minutes je vais me retrouver dans ma voiture et tout cela ne sera qu’un mauvais souvenir, que je me dis. Il faillit m’enlever la mauvaise couronne. Il tirait sur celle à côté de la dent qui bougeait. Je l’arrête à temps. Il finit par m’enlever la bonne couronne et me suggère de faire poser un pivot préfabriqué, car le mien est trop court. Je prends la décision de laisser faire ça et de me contenter de recoller la dent. Tout ça prend au bas mot à peine 10 minutes, que la dent est recollée. Et vient alors le temps de passer à la caisse. En plus du 71 $ pour le travail, on me charge 66 $ parce qu’on est samedi et 31 $ pour l’examen. Voulez-vous bien me dire quel examen. Il a tout simplement failli m’arracher la mauvaise dent et ça me coûte 100 $ de plus. Je suis outrée. Et c’est sa charmante épouse-exploiteuse qui m’explique que c’est bien normal de charger si cher, car après tout on est samedi, et qu’elle a fait opérer son chien un samedi et qu’on qui a chargé…… Blablabla! Je m’empresse de payer et de sortir de ce trou d’exploiteurs qui profitent du fait que les gens sont mal pris la fin de semaine. Et j’ai une brève pensée d’empathie pour le pauvre monsieur qui passe après moi et qui lui, se fait carrément extraire une dent. Le pauvre! Combien ça va lui coûter, et surtout, j’espère qu’on lui enlèvera la bonne dent. Mais ce n’est pas là mon affaire. La mienne est terminée, et je retourne chez moi bien choquée, et surtout bien découragée du fait qu’on ne peut pas avoir des problèmes de dents la fin de semaine. Un conseil. Essayez d’endurer votre mal jusqu’au lundi. Ça coûte moins cher! Et on ne peut même pas appeler ça une leçon.