C’est d’une voix monotone que Michel Miltenberger s’est exprimé devant les journalistes réunis à l’Assemblée législative le jeudi 11 décembre. Le ministre des Finances a présenté une mise à jour fiscale et économique sur les options de recettes que le gouvernement ténois veut proposer dans son budget 2009/2010. Si les intentions du ministre, avouées en août dernier, étaient d’engranger 30 millions de dollars en plus des 10 millions de surplus prévus, elles ont été réduites en poussière par l’actualité financière internationale.
« Les TNO ne sont pas isolés des changements que l’on voit dans l’économie mondiale, a-t-il annoncé. Le budget de 2008 décrivait un plan pour cumuler 10 millions de dollars en 2009/2010. Nous allons nous en tenir à ça pour les nouveaux revenus, nous pensons qu’il est prudent d’attendre avant de prendre des décisions concernant l’introduction de nouvelles mesures fiscales pour aller chercher 30 millions de dollars additionnels. » Accompagné de la sous-ministre Margaret Melhorn, M. Miltenberger a déploré que le secteur primaire (qui représente plus d’un tiers de l’économie ténoise) soit si touché à travers le monde. « Nous apercevons déjà l’impact des conditions actuelles, avec quelques compagnies qui ont annoncé des mises à pied et des ralentissements dans notre région. De plus, le resserrement mondial du crédit implique que certaines firmes puissent avoir des difficultés à trouver le capital nécessaire à leurs opérations aux Territoires. »
Pourtant, même si les recettes ne font pas un aussi grand bond, la direction reste la même. Le ministre des Finances a expliqué que son gouvernement persisterait à essayer de diminuer le coût de la vie dans le Nord, à financer le maintien de services de qualité et à assurer une bonne planification pour les générations à venir. « Je me suis engagé devant les députés de l’Assemblée législative à évaluer ces options de recettes. Il nous reste à encore définir comment structurer notre prochain plan fiscal pour bâtir, par exemple, un fond d’héritage qui ne possède pas en ce moment de véritable source d’approvisionnement. Nous ne pouvons pas vivre simplement année après année sans aucune considération pour les autres à venir », a défendu Michael Miltenberger sur une note faisant quelque peu écho à son portefeuille de ministre de l’Environnement. Le gouvernement a de plus décidé de ne pas poursuivre son intention d’éliminer 135 millions de dollars de ces dépenses en deux ans. Anticipant que ces compressions puissent pousser à ce que le gouvernement constitue des dettes vers le financement des plans d’infrastructures des prochaines années. Ainsi, sans inclure l’investissement au capital, ce sont 1,2 milliard de dollars qui seront dépensés en 2008 et également en 2009.
« L’économie des TNO va vraisemblablement ressentir les effets de ce tumulte économique global, ce qui risque de toucher les résidents du Nord qui dépendent de notre secteur primaire. Il faut rappeler que les Territoires ont une position fiscale stable, ce qui nous permettra d’approvisionner des investissements cruciaux pour notre territoire, mais il faudra procéder avec précaution », a-t-il conclu, spécifiant que son budget de février 2009 reflétera ces réalités.