Quelques heures après la décision de la Gouverneure générale Michaëlle Jean, d’accorder la prorogation de la session parlementaire sollicitée par le premier ministre Harper, un membre de la potentielle coalition Libérale-NPD a déclaré à L’Aquilon que la décision de renverser le gouvernement minoritaire en place à Ottawa était prise. Thomas Mulcair, chef adjoint du NPD et seul député néo-démocrate au Québec, a affirmé que la coalition profiterait de ces deux mois de lock-out parlementaire pour être beaucoup plus forte. « Aujourd’hui, dit-il, le bureau du premier ministre voulait faire passer le message que la coalition n’était pas si forte que ça. Nous avons résolu de faire signer des documents individuels à tous les députés, et les résultats ont démontré une nette majorité en chambre en faveur de la coalition. Ce qui démontre la solidité de la coalition et notre détermination. On est bien parti avec ça! »
Thomas Mulcair ajoute que les membres de l’opposition en ont assez vu de Stephen Harper et qu’il serait extrêmement étonné de voir certains députés de quelque bannière politique soient-ils, retourner leur veste et appuyer le gouvernement minoritaire de Stephen Harper à la fin janvier. « Nous avons appris la leçon que le premier ministre en place n’est pas un homme loyal. Dans le discours du trône, il prône le travail de concertation et une semaine après, il s’attaque aux droits des femmes d’avoir un salaire égal, aux droits démocratiques et sociaux en interdisant le droit de grève des employés de la fonction publique », a-t-il clamé, ajoutant que remettre en cause le financement des partis mis en place pour nettoyer les mœurs politiques du Canada après le scandale des commandites est une autre preuve de sa mauvaise foi. « Même si Harper dit avoir changé ses positions sur ces sujets, on ne peut pas faire confiance à ce qu’il dit, rien n’a encore bougé », a affirmé Thomas Mulcair.
Questionné sur l’importance que prendraient les régions du Nord au sein d’un gouvernement de coalition, Thomas Mulcair a répondu que personnellement il prendrait conseil auprès du député du Western Arctique, Dennis Bevington. Il a tenu à souligner que l’affection démontrée aux régions nordiques par le gouvernement conservateur ces dernières années n’avait pas beaucoup de valeur si on la compare à celle dirigée vers le Québec. « Pendant deux ans, Stephen Harper était en campagne de grande séduction avec le Québec. Mais à la première occasion, il s’est mis à critiquer le Québec. Je pense bien que c’était la dernière fois que qui que ce soit, dans l’histoire du Parti Conservateur, soit élu au Québec. »
D’après lui les différences de fonds avec les autres partis signataires de la coalition ont moins de poids face à ce qui les unis. Par exemple, M. Mulcair insiste que les Libéraux n’ont pas le même point de vue que le NPD face à la guerre en Afghanistan, et que le Bloc Québécois ne partage pas non plus les mêmes idées constitutionnelles. Mais que ce qui est important est de regarder les initiatives mises en place par une coalition NPD/Libéral pour être à l’écoute des régions durement éprouvées par une crise du secteur primaire.