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le Vendredi 28 novembre 2008 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:37 Divers

Histoires de chiens

Histoires de chiens
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Après avoir donné dans la bibitte dans mon dernier article, je me suis dit que ce serait peut-être une bonne idée de continuer dans la même veine, mais avec des bêtes qui nous sont familières et amicales. Et le meilleur ami de l’homme s’est imposé.

Depuis quelques années, habitant en appartement, je n’ai pas le droit d’avoir de chien. C’est pour cette raison que je me suis rabattue sur les chiens de mes amis. Mais l’absence de cette bête dans ma vie me manque et j’espère bien pouvoir en avoir une d’ici peu. Ce qui s’avère quasiment impossible, étant donné mon style de vie. Mais enfin, ça ne m’empêche pas de vous raconter quelques histoires de chiens que j’ai vécues.

Notre premier chien, quand on était jeune s’appelait Copain. C’était un dalmatien. Un chien adorable qui faisait le bonheur de tous les enfants du quartier. Seul mon père l’appelait Chien blanc. Jamais il ne l’a appelé par son nom. Et le chien répondait toujours à l’appel de Chien blanc de mon père. Un jour, quel ne fut pas notre malheur de constater que nous avions perdu notre chien. Les recherches se firent vives et intensives, mais en vain. Il fallait se rendre à l’évidence : nous avions perdu notre chien. Quelle ne fut pas la surprise de mon père, plusieurs mois plus tard, de voir un chien blanc à côté de son camion, en sortant de la messe. Il lança alors son cri de « Chien blanc » auquel le chien répondit par de joyeux aboiements et de périlleuses cabrioles. Notre chien était revenu. Nous ne sûmes jamais ce qui lui était arrivé pendant cette longue absence, mais chose certaine, il avait retrouvé sa famille et vécut heureux avec nous pendant encore de nombreuses années.

Ce chien-là s’est toujours très bien entendu avec les chats de la maison. Il était leur défenseur et leur ami dans la maison. Mais gare aux autres chats qui s’aventuraient sur son territoire. Il était impitoyable. J’ai encore plusieurs photos de ce chien dormant avec le chat de la maison entre les pattes. Charmant!

Plus tard, beaucoup plus tard, il commençait à se faire vraiment vieux. Il fallait le cacher avec une couverture le soir, avant de dormir. Ma mère décida donc d’aller le faire euthanasier. Elle revint à la maison vraiment triste et elle pleurait. Elle décida d’appeler là où elle l’avait laissé pour voir si c’était fait, lorsque soudain, ça jappa à la porte. C’était le chien qui avait brisé sa corde et s’était enfui pour revenir chez lui. Et il échappa ainsi à une mort prématurée pour lui et encore plus pour nous. Il mourut de sa belle mort quelques mois plus tard.

Il y a quelques années je vous avais raconté l’histoire de Pacha, une chienne qui sort de l’ordinaire. Je vous avais narré son long périple du bout du lac Prosperous jusqu’à la ville. Elle parcourut ce périple en plein bois, sans route ni balises. Comment elle réussit à retrouver son chemin, à plus de vingt kilomètres de la maison? Difficile à dire, mais chose certaine, c’est qu’elle nous a vraiment tous ébahis quand on la trouva exténuée, couchée dans la cour. Un exploit de chien. Elle a gagné du galon auprès de tous ceux qui la connaissaient, cette journée-là, surtout qu’elle en avait déjà beaucoup, du galon.

Et je vous ai également raconté il y a une dizaine d’années, mon périple sur le Mackenzie, au départ de Fort Simpson, jusqu’à Fort Norman, aujourd’hui Tulita.

Dans le bateau, la chienne de votre directeur du journal Diga. Ce long voyage fut quand même très agréable quand la température était clémente. Mais quand les vagues s’y sont mises, alors là, ce n’était pas la même histoire. Diga était assise sur le banc de la chaloupe, près de moi, et elle se collait vraiment contre moi, quasiment assise sur moi, parce qu’elle avait peur. D’avoir cette chienne près de moi me faisait oublier ma propre peur, occupée que j’étais à rassurer la chienne près de moi. Et alors attention quand nous arrêtions le bateau. Je vous jure, elle se précipitait pour aller faire son pipi. C’était comique. D’ailleurs, elle n’était pas la seule à se précipiter, car des fois, les endroits propices où arrêter le bateau n’étaient pas toujours évidents à trouver. Ce beau voyage n’aurait sans doute pas eu le charme qu’il a eu n’eut été de la présence de la chienne.

Enfin, ma dernière histoire de chien. Il y a bien des années, j’avais un chum qui avait un superbe chien appelé Zénon. C’était un mélange de danois et de berger allemand. Une superbe bête, très douce et très intelligente. De passage en ville, cet ami était venu coucher à la maison avec son chien. Or, il appert que les deux chattes avaient eu des chatons, et comme une seule mère nourrissait les deux portées, tous les chatons étaient dans le garde-robe de la chambre qu’avait occupée mon ami. Et quelle ne fut notre surprise, le lendemain matin, de réaliser que le gros chien était couvert de petits chats qui dormaient entre ses pattes, sur lui, partout. Il était tellement gros et tellement maladroit, qu’il n’osait pas bouger et nous regardait avec des yeux qui avaient l’air de dire : « Au secours ». Une très belle image qui est restée gravée dans ma mémoire.

Et je vous laisse là-dessus, à vos propres histoires de chien. Je suis certaine que vous en avez plein, des histoires, aussi intéressantes que les miennes. Mais le fait de raconter les miennes aura sans doute eu pour effet de sortir les vôtres de votre mémoire.