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le Vendredi 24 octobre 2008 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:37 Divers

La croisière s’amuse

La croisière s’amuse
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Vous parler d’élections ne ferait que vous énerver davantage sur ce sujet, surtout que quand vous lirez cet article, les résultats seront connus et l’article serait déjà obsolète. Et parler du krach économique qu’on vit ne ferait que verser de l’huile sur un feu qui déjà en dérange plus d’un. Et on aura bien le temps d’en parler, car malheureusement, ce n’est pas encore la fin.

Je vais donc vous parler d’un sujet plus léger qui vous donnera peut-être le goût d’essayer l’expérience : les croisières. Je reviens tout juste d’une longue croisière au départ de Vancouver à destination d’Hawaii, où on faisait ensuite les îles, pour terminer à Honululu.

Il y avait longtemps que je voulais vivre un transocéanique, comme dans l’ancien temps, vous vous souvenez dans les films, quand on les voit partir avec des malles parce que je voyage allait durer des mois. Bien sûr, pour ma part, il ne s’agissait pas de mois, mais de plusieurs jours, soit douze en tout, donc près de sept sans voir la terre, en pleine mer.

Nous sommes donc arrivées à Vancouver la veille, car pas question de rater le bateau à cause de l’avion. Grand bien nous a fait, car en raison de troubles d’avion, nous sommes arrivées à Vancouver avec six heures de retard. Nous devions y être à 11 heures du matin, et sommes arrivés vers 17 h 30. Imaginez un peu si ça avait été le jour du départ en bateau. Donc, premier avertissement : ne jamais se rendre dans le port d’embarquement la journée même. Trop dangereux de rater le bateau.

Nous nous rendons à la Place du Canada, à Vancouver, d’où s’effectuera le départ. On nous avait averti d’être patientes pour l’embarquement. Quelle n’est pas notre surprise de réaliser que nous sommes à bord à peine une petite heure après notre arrivée. L’enregistrement est très rapide et les formalités se font à toute allure.

Et comme c’est l’heure du dîner, on nous dirige vers la cafétéria, située au neuvième étage du navire. Peu à peu, on commence à se familiariser avec notre beau bateau, le Carnival Spirit. Une splendeur. Un très beau navire et d’une propreté à couper le souffle. On va donc manger une bouchée et on peut ensuite gagner notre cabine. Nous avons une cabine avec vue obstruée, c’est-à-dire qu’on voit dehors, mais qu’on a un canot de sauvetage qui nous bloque la vue. Pas grave. On voit quand même la mer, la lumière du jour pénètre, et la cabine est grande et vraiment bien conçue. Il y a de la place pour tout ranger. On a un grand divan, une petite table, et deux lits simples séparés par une table de chevet. La cabine dépasse nos attentes.

À peine venons-nous de défaire nos valises, qu’un appel est fait pour un exercice d’évacuation du navire, en cas de détresse. Encore une fois, tout est très organisé, et tout se fait dans le calme et l’ordre. Sans doute est-ce une autre histoire quand il ne s’agit pas d’un exercice, mais évitons ces mauvaises pensées. Donc, peu à peu nous découvrons la vie de bateau. Nous avons réservé notre heure de souper pour 20 h 15. C’est un peu tard, mais on a le choix entre 17 h 45 ou 20 h 15, et on a opté pour l’horaire plus tardif pour ne pas avoir à courir les jours d’excursion à terre. La bouffe est étonnante. Le souper offre le grand service. Les choix sont multiples. La bouffe est excellente. L’atmosphère est très agréable. Nous avons la chance d’être dans une petite salle (pompeusement appelée Napoléon) près de la grande salle à manger, ce qui en soi est un avantage, car moins bruyante que l’autre. Nous retrouvons les gens qui seront nos compagnons de table jusqu’à la fin, donc, qui constitueront notre famille pour le souper du soir : une infirmière et sa mère à la retraite, originaires de l’Ontario, deux jeunes ingénieurs chez Boeing, à Seattle, une Australienne qui revient d’une croisière de onze jours en Alaska et qui poursuit jusqu’à Hawaii, soit une croisière de 23 jours en tout. Et bien sûr, ma compagne et moi-même.

Après le souper, la salle de spectacle offre un show tous les soirs. À l’occasion pendant le voyage, le spectacle pour les gens dont le repas est prévu pour 20 h 30 se donne avant le repas, alors que ceux qui mangent plus tôt ont leur spectacle vers 21 h 30. Cependant, souvent, il n’y a qu’un seul spectacle vers les 22 heures. La salle est époustouflante et fait la hauteur sur quatre étages du bateau, avec deux balcons. De toute beauté.

La vie des gens riches et célèbres se poursuit ainsi pendant toute la traversée. Deux fois par jour, on fait la chambre, apporte de la glace, change les serviettes. Le soir, des petits chocolats sur l’oreiller, avec le programme de la journée du lendemain. C’est tellement propre qu’on pourrait manger par terre.

Un hic : la température pendant quelques jours, Parties dans la pluie de Vancouver, ce qui en soi n’est guère étonnant, nous avons frappé de grands vents, soit près de 90 kilomètres à l’heure. Je ne sais pas si vous pouvez vous imaginer ce genre de vent sur la mer, c’est quelque chose. Les vagues sont énormes. À peine réussit-on à marcher. Bien des gens sont malades, dont plusieurs membres d’équipage. Je suis chanceuse, et ma compagne aussi. Nous ne souffrons pas du mal de mer. Et la mer est ainsi agitée pratiquement jusqu’à Hawaii. Et même une fois là-bas, le soir, quand nous naviguons entre les îles, la mer est encore assez agitée.

Autre chose qui nous a étonnées : la grosseur des gens. Sans exagérer, je n’ai jamais vu autant de gros monde de ma vie. Je me trouvais grosse, mais sans blague, tout à coup, je me suis trouvée petite, tant il y avait du gros monde sur ce bateau. Et vous dire comment ça mange, incroyable! C’est vraiment une chose qui nous a marquées.

Et pour ceux qui se demandent si ce ne sont que des personnes d’un certain âge qui vont en croisière, eh bien non!! Je dirais que la moyenne d’âge était d’environ 45 à 50 ans. Difficile à dire, mais c’est ce que je crois.

Je vous ai brossé un portrait assez rapide de tout ça. Pourtant, j’en aurais long à raconter. Mais j’ai décidé de n’en faire qu’un seul article. Je vous laisse donc en vous disant que si vous avez déjà eu le goût d’essayer une croisière, allez-y, faites-le. Pas besoin d’aller dans des eaux agitées pour bien en profiter. En général, les bateaux n’ont pas à affronter des vents de 90 kilomètres à l’heure. J’ai voulu l’essayer, je l’ai fait, et j’en reviens enchantée.