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le Vendredi 15 août 2008 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

Quarante jours et quarante nuits

Quarante jours et quarante nuits
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Vous vous souvenez avoir appris, dans la bible, l’histoire de Noé. Il construisit son arche, y logea une paire d’animaux de chaque sorte, et ils furent ainsi à l’abri de la pluie diluvienne qui s’abattit alors sur la terre et qui dura quarante jours et quarante nuits. Quand tout ça fut terminé, la terre au complet avait été inondée. Eh bien! croyez-le ou non, ici à Québec, on a l’impression que ça fait soixante jours et soixante nuits qu’il pleut. J’exagère, comme toujours, mais pas tant que ça. Je vous raconte un peu.

Vous avez dû voir un peu à la télé les nouvelles. Les routes défoncent. Les terrains subissent des éboulements. Les rivières débordent. Les fruits et légumes pourrissent dans les pauvres jardins devenus des étangs, les piscines sont désertées. Les gens s’évadent à Cuba ou ailleurs dans le Sud. Mais voyons un peu quand tout ça a commencé.

Si vous vous souvenez bien, cet hiver, Québec (je parle ici de la ville) a battu des records de tous les temps (enfin, depuis qu’on tient des statistiques) pour les précipitations tombées en un hiver. Et tout à coup, on s’est mis à nous prédire un été chaud et sec. Pour ma part, j’avais peine à croire que tout à coup, tout ça se calmerait et que le temps sec s’installerait. Et la suite m’a donné raison.

En cette année du quatre centième anniversaire de la ville, les spectacles succèdent aux spectacles, les activités succèdent aux activités, mais plus ça va, plus de spectacles sont transférés de l’extérieur dans des salles. Nécessité oblige.

Même si cela semble assez banal en soi, le mauvais temps a des répercussions négatives sur bien des choses, entre autres sur le moral des troupes. En effet, en ce lendemain des vacances de la construction, les travailleurs n’on pas pu refaire le plein pendant leurs vacances, car ces dernières ont été marquées par le mauvais temps. Quasiment tous les jours, il a plu. Pas toujours évident de reprendre le travail, de remettre l’épaule à la roue, dans de telles conditions.

Par les temps qui courent, les agences de voyage, plutôt tranquilles à cette époque de l’année font des affaires d’or. Les gens se bousculent aux portillons du Sud. Et ça peut facilement se comprendre.

Ainsi, pour ma part, la plus belle semaine de mon été a été celle où je suis allée aux Îles-de-la-Madeleine. La semaine dernière, je suis allée passer quelques jours au Lac Saint-Jean, et là également, le mauvais temps m’a suivie.

L’autre jour, dans la piscine, je disais à ma compagne de baignade n’avoir jamais vu un tel été et elle m’a répondu que moi, j’étais jeune, mais qu’elle, à 92 ans, elle n’avait jamais vu ça non plus.Et j’ai alors compris l’ampleur de la chose.On vit des changements énormes. Un petit peu de ci, un petit peu de ça, plus de pluie, plus de neige, moins de soleil, plus de grands vents, d’ouragans, et tout à coup, on se retrouve devant la menace annoncée depuis un certain temps : les grands changements climatiques. Ce n’est pas un événement ici et là, à l’occasion. Nenni! Ce sont des accumulations d’événements pas si graves que ça en apparence, mais qui mis bout à bout deviennent dramatiques.

Aujourd’hui, à Québec, on célébrait la fête internationale des Autochtones et croyez-le ou non, ces derniers ont fait la danse du soleil. Plutôt inusité, n’est-ce pas? Et ce n’est pas une blague, c’est vrai. Et autre chose inusitée, c’est qu’il a effectivement fait soleil, alors qu’on ne l’avait pas vu depuis plusieurs jours. Et demain? On annonce de la pluie! Mais on est fait fort.

Vous savez quoi? Je m’ennuie des belles et longues journées ensoleillées du Nord. Et ce n’est pas pour vous faire plaisir, c’est vrai. Je suis vraiment contente que vous ayez un bel été et que vous puissiez en profiter pour refaire le plein avant l’hiver. Pour ce qui est de nous, on verra ce que nous réservera la température pour l’automne qui s’en vient.

Je vous avais parlé des dépôts de neige de l’hiver dernier? Eh bien! ils ne sont pas encore complètement fondus, malgré la pluie… pas assez de soleil.

Mais ne vous inquiétez pas : on tient bon. Et on se prépare tout doucement à recommencer à grossir ces tas dans un avenir pas si éloigné que ça. Que voulez-vous! C’est le cycle de la nature! Bon été quand même!