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le Vendredi 2 novembre 2007 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

Quel malheur que les contraventions!

Quel malheur que les contraventions!
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Pendant les nombreuses années où j’ai vécu à Yellowknife, je n’ai honnêtement pas eu de contraventions. Et l’unique que j’ai eue, je ne la méritais pas vraiment, mais bon, j’étais quand même en infraction, et j’ai payé sans regimber. Après tout, la loi, c’est la loi. Et pendant que je restais à Yellowknife, j’ai poigné tout un ticket, un ticket qui en valait plusieurs. J’étais dans le parc national de Banff, et je venais tout juste de sortir d’une tempête de neige, où on ne voyait absolument rien, et où la circulation était très dangereuse. J’avais roulé ainsi pendant un bon moment, en direction de Banff, en provenance d’Edmonton, via Sylvan Lake, et quand il a cessé de neiger, que le soleil est apparu, il m’a semblé normal de peser sur l’accélérateur. À quel point? Pas mal trop, si je me fie à la contravention de 255 $ que j’ai eue quelques minutes plus tard. La visibilité est à son meilleur; la circulation est plutôt réduite, en ce dimanche matin, encore assez tôt; le soleil brille de tous ses feux après la tempête que je viens de me taper; la musique de Zachary Richard joue allégrement et hop, un barrage de policiers, un grand signal qui m’avertit de me ranger sur le côté, ce que je m’empresse de faire. D’après le policier qui me sert ma contravention, je roulais à 127 kilomètres à l’heure dans une zone du parc de … 90 kilomètres. Je ne peux pas faire autrement que de faire piètre mine et d’accepter mon ticket. Après tout, je l’ai bien mérité. Et je poursuis ma route en faisant bien attention de ne plus dépasser la limite permise. Après tout, 255 $, ce n’est pas rien.

Une autre fois, à Fort Liard, par une belle journée d’été, alors qu’il fait une superbe journée, et qu’on est entré dans le village pour aller faire le plein et aller chercher quelques provisions pour le camping qu’on fait à Black Stone, je me fais arrêter. Alors là, plusieurs infractions, petites, mais bien là : virage en U sur la route (je venais de passer tout droit de la rue où se trouve le poste d’essence), couper le trafic qui s’en vient, ma vitesse dépassait les 30 kilomètres indiqués. Donc, police et tout le tralala. Le policier vient me parler au poste d’essence, et je ne trouve pas mon permis. Finalement, tout se termine pas trop mal : je trouve mon permis, et je m’en tire avec un avertissement, que je prends très au sérieux. Et je sais bien qu’il a raison.

Il y a de ça quelques mois, je suis allée chercher une amie qui devait retourner quelque chose chez Costco que j’avais mis sur ma carte, car elle n’est pas membre. Je stationne donc devant chez elle, pendant environ cinq minutes, le temps qu’elle se prépare, et nous voilà parties pour reporter l’objet en question. On fait donc les transactions voulues, avec papiers à l’appui, et nous voici de retour devant chez elle. Comme il y a toujours le même espace de stationnement, je me stationne à nouveau au même endroit, mais une heure plus tard. Je rentre quelques minutes chez elle, le temps de prendre un café (environ 15 minutes) qu’à ma sortie, je me retrouve avec une contravention. L’agent prétend que je suis stationnée à cet endroit depuis plus d’une heure, alors qu’entre temps, nous sommes allées au magasin. Quand il est passé la première fois, ma voiture y était, et une heure plus tard, elle y est à nouveau, sauf qu’elle n’y était pas pendant le temps que nous sommes parties. J’ai une preuve, le coupon-caisse du magasin, avec l’heure inscrite dessus, le tout à mon nom. J’ai ma preuve et je décide de contester. De toute façon, je suis non coupable, et pourquoi je payerais? En plus, j’ai mon témoin : ma copine avec qui je suis allée au magasin. Je retourne donc la contravention, disant que je la contestais. Plusieurs mois après, soit il y a deux semaines, je reçois un avis de comparaître à la cour municipale. Petit hic! La date de ma convocation, je ne serai pas à Québec, mais en voyage. Donc, j’appelle à la cour pour demander ce que je peux faire.

Je dois renvoyer le papier par fax, et préciser les raisons pour lesquelles je ne peux comparaître. Et si jamais je ne peux pas me présenter la date suivante qu’on m’aura assignée, le prix de la contravention monte encore. Et comme je prévois ne pas être là la fois d’après, je fais ce que la majorité des gens font : je plaide coupable, je paye l’amende majorée et je décide de me fermer la boîte. Je sais, ce n’est pas ce que j’aurais dû faire, mais devant la complexité du processus, j’ai baissé les bras, et je me suis ramassée à payer 67 $ pour une amende qui au départ était de 37 $. Et imaginez-vous donc que je suis à la retraite et que je n’ai pas à manquer de travail pour comparaître. Vous pouvez voir à quel point c’est emm…. et c’est ainsi que la plupart des gens baissent les bras et plaident coupables et payent sans rien dire, tout comme j’ai fait. J’ai rencontré plusieurs personnes qui avaient eu une contravention non justifiée, et qui ont décidé de payer, car c’est tellement plus simple que d’aller contester, avec tout le processus qui s’ensuit.

Et voilà comment on se plie sans être coupable. Et je suis certaine que vous connaissez des histoires du genre qui sont probablement encore plus intéressantes que la mienne. Mais j’avais envie de partager ça avec vous. Ça défoule! À la prochaine!