La dernière fois, je vous avais fait part de mes envies de voir beaucoup de spectacles à mon retour au Québec. Ce que je fais. La semaine dernière, c’est une légende vivante qui venait faire son tour à Québec : Bob Dylan.
J’hésitais depuis un moment, et finalement, je me suis dit que c’était sans doute ma dernière chance de voir ce personnage.
C’est donc devant un Colisée vraiment peu peuplé que Bob Dylan s’est exécuté. Il y avait environ 3 000 personnes (2 500 selon certains médias, et 4 000 selon d’autres). La légende n’aura pas réussi à déplacer les foules. En comparaison, il y avait plus de 12 000 personnes pour le concert de Roger Waters, de Pink Floyd.
Après une prestation en première partie d’un groupe de blues texan dont le nom m’échappe, la foule trépignait pour voir son idole. Et c’est un petit homme de 66 ans, à la voix de plus en plus nasillarde qui est apparu sur scène, avec ses musiciens. Il entame son spectacle avec la chanson Everybody must get stoned, un de ses grands succès des années 60. C’est un homme frêle qu’on a devant nous. Et Dylan revisite toutes ses chansons. La foule écoute donc avec attention pour reconnaître les paroles des classiques de l’artiste, car souvent, la musique est tellement revisitée, qu’à peine peut-t-on reconnaître les tunes (lire tounes). Souvent, la musique l’enterre, le son n’est pas très bon pour les gens situés dans les loges, où je suis. Sans doute que le parterre est mieux servi, mais je n’y suis pas. Donc, les mélodies se succèdent, sans un mot entre les chansons. Ça ne lève pas. L’artiste est discret sur la scène. Au début à la guitare, il se transporte ensuite aux claviers et nous pousse un petit air de ruine-babines, ou d’harmonica, si vous préférez.
Il y a beaucoup d’agitation dans la foule. Les gens se promènent, vont chercher des breuvages, vont à la toilette. Plusieurs personnes sortent. Malgré toute ma bonne volonté, je ne réussis pas à embarquer. Et mes pensées me ramènent à un autre concert de légende vivante auquel j’avais assisté il y a quelques années, celui de Miles Davis. Ce dernier était arrivé passablement en retard, et avait joué dos au public tout le concert, avec sa fameuse trompette rouge. Jamais, tout au long du concert, on avait réussi à voir le visage de ce grand trompettiste. Et l’écoute était quasi-religieuse, un grand moment de musique. Ce n’est que quelques années plus tard que j’avais vu les enregistrements de ce spectacle à la télé et que j’avais pu voir la tête du musicien.
Je ne sais trop pourquoi, mais ce sont là les pensées qui m’ont traversée en regardant cette autre légende s’exécuter devant une salle plutôt vide et pas très attentive.
À mon grand regret, je ne réussis vraiment pas à embarquer, et au bout d’une heure et quart, je quitte le concert. Je n’ai même pas tenu jusqu’à la chanson Like a rolling stone, la chanson qui l’a rendu célèbre au début des années soixante et qu’il se fait un devoir de chanter à tous ses concerts. Et je rentre chez moi, non sans me poser des questions sur cette soirée, tant sur mon comportement que sur le contenu du spectacle. Je n’ai pas été touchée. Dommage! Est-ce la faute de l’artiste, ma faute? Je n’ai pas de réponse à vous donner.
Et j’attends mon prochain spectacle en salle, Elvis Story, nouvelle version. Je vous en donnerai des nouvelles en temps et lieu.
Là-dessus, je vous laisse et j’espère que votre été se déroule comme vous le voulez. C’est tellement beau, le Nord, en été! J’irais bien taquiner le poisson sur le lac Prosperous!