le Jeudi 7 mai 2026
le Vendredi 2 février 2007 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Éditorial

Une approche globale

Une approche globale
00:00 00:00

Lorsqu’on entend les différents commentaires des groupes agissant au niveau de la santé, il est facile de se faire une idée de l’ampleur du problème. S’il y a pénurie de professionnels de la santé partout en Amérique, la situation est encore pire dans les régions éloignées. Et si on parle d’accès à des services de santé en français dans les trois territoires, la situation est encore pire.

Puisque le Nord ne vit pas en vase clos, trouver une réponse adéquate pour assurer des services de santé minimaux dans le Nord, c’est d’abord répondre au problème de pénurie de professionnels de la santé partout au Canada. Seule une approche globale canadienne pourra aider le Nord et, par ricochet, les communautés francophones nordiques.

Il y a eu plusieurs réflexions à ce sujet. L’une des dernières en lice est contenue dans un rapport de la Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada, qui a été publié en octobre 2002. Les solutions ne sont pas simples, et ça risque d’être dispendieux.

Prenons la notion de formation qui répond à la sempiternelle équation économique de l’offre et de la demande. La demande en service de santé est là, mais l’offre ne suffit pas à la demande. Une réponse simple émerge : augmentons l’offre par le biais d’un accroissement du nombre d’étudiants qui s’inscrivent dans les programmes liés aux professions de la santé.

Mais là on se frappe à la dure réalité. L’augmentation des frais de scolarité rend parfois ces professions peu attrayantes en raison du nombre d’années pour obtenir un diplôme. Il y a aussi, la question des différents Ordres professionnels qui n’ont vraiment pas intérêt, financièrement, à permettre à un trop grand nombre de finissants de joindre le marché du travail car cela risque de nuire à la rémunération de leurs membres. Et puis il y a l’épineuse question des coûts de la formation, car former des médecins, des infirmières ou des techniciens en laboratoire, ça coûte cher, très cher.

C’est donc dire que ce qui semble simple de prime abord, ne l’est pas du tout.

Dans ce rapport on parle aussi de moyens simples comme la gestion de la prestation des services et la planification à long terme. D’autres solutions simples dont la mise en œuvre soulèvent tout autant de complexités que la solution de la formation.

Malgré tout, c’est en appuyant ces politiques globales et leur mise en oeuvre que le Nord pourra, comme les autres régions, compter sur un nombre suffisant de professionnels pour offrir des services de santé de qualité.