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le Vendredi 2 février 2007 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Économie

Achetez et économisez (!) 1re partie Chronique de développement économique communautaire

Achetez et économisez (!) 1re partie Chronique de développement économique communautaire
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Plusieurs citoyens des Territoires sont originaires d’autres provinces canadiennes. Certains ont quitté leur ville ou village en exode en quête d’aventures ou d’un « marché du travail ».

La famille étant dans une autre province, on imagine souvent les Territoires comme un endroit très sauvage et vierge, les caribous et bisons gambadant dans les rues, et prospecteurs cherchant encore de l’or.

Pourtant, en atterrissant ici, il y a plus de deux ans, j’étais bizarrement surprise de voir à peu près le même le paysage commercial qu’en banlieue de Montréal et ce après 6000 km de route. Ce paysage mercantile est plutôt similaire à toutes les autres provinces et celui des États-Unis. Certains nomment la venue de ces commerces : du « développement ». Non que je suive nostalgique des postes de traites, mais bon… Révisons quelques notions d’économie.

Économie = écologie

Cette équation vous paraît-elle étrange?

Étymologiquement, ‘’économie’’ et ‘’écologie’’ ont la même définition : ‘’Eco’’ signifiant : ‘’maison’’ ‘’nomie’’ et ‘’logie’’ signifiant ‘’science’’.

Dans les deux cas, c’est l’étude de ce qui se passe au sein de notre habitat, des relations entre les différents personnages présents, de ce qu’ils échangent, pourquoi ils le font et comment. Seule la nature des échanges étudiés varie entre l’écologie scientifique et l’économie. Mais comme toute bêtise, l’économie est strictement humaine, et s’intéresse aux échanges de ceux-ci.

Les éléments échangés entre eux par les acteurs économiques sont sensés avoir, pour l’un et l’autre du moins, la même valeur. De la, pour la majorité des gens, le mot « économie » grince de plus en plus aux oreilles, puisque les échanges sont de moins en moins équilibrés, de moins en moins juste. Quoique depuis une trentaine d’années le mot « écologie » semble agresser, comme une mouche, des businessmen et les politiciens.

Nous sommes à une époque où c’est plutôt le terme « économie » qui est omniprésent dans le discours des gestionnaires et des politiciens. Certains slogans mercantiles abusent par fois du vocabulaire; « Achetez et économisez! » Cette phrase n’est-elle pas contradictoire en elle-même?

Remplir les empires

Le lieu fictif des échanges économiques est le marché. Le grand problème de tous les économistes est simple : comment faire en sorte que le marché fonctionne au mieux?

Est-ce que le Marché va bien lorsque la valeur de ce qui est échangé est la plus importante possible (tendance libérale), lorsque tout le monde a ce dont il a besoin (tendance marxiste)? Peut-on dire que le marché va bien, par exemple, lorsque les acteurs mènent l’espèce humaine à la catastrophe par la non prise en compte des conséquences environnementales. Le drame de l’économie a toujours été la non prise en considération par les différentes théories des phénomènes non-économiques. Pensez à l’extraction du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta, dont le gouvernement veut en faire augmenter 5 fois production actuelle afin de répondre à la demande des États-Unis. De cette production résulte un souillage massif de l’air du sol et des eaux. Le débit se la Rivière des Esclaves en est déjà affectée.

Nous savons tous, que les ressources sont limitées et qu’au rythme où le développement continue de se faire nous allons vers un plafonnement et une perte de nos habitats à l’échelle planétaire.


Si l’échange économique était équilibré, l’économie ne devrait normalement être qu’un vaste circuit où rien ne se perd et rien ne se créé vraiment, où la consommation serait compensée par la création. Tout comme l’écologie. Cet idéal économique n’est actuellement pas vrai : la quantité de biens produits est toujours en croissance et plus forte que la quantité de biens consommés dans l’intervalle de temps précédent. Cette croissance est rendue techniquement possible par le crédit qui augmente artificiellement la valeur totale du marché.