La Fédération Franco-TLa Fédération Franco-Ténoise (FFT) pourra compter sur son directeur général pendant trois autres années. Léo-Paul Provencher compte consacrer ce temps à la poursuite de trois dossiers majeurs : la restructuration du réseau associatif, les droits linguistiques des franco-ténois et le développement de nouveaux services. Le tout, bien sûr, accompagné de la mise sur pied d’un centre scolaire-communautaire.
Au chapitre des services, M. Provencher remarque que trois dossiers ont vu le jour au cours des dernières années, soit l’alphabétisation, la jeunesse et la santé. « Avec l’embauche d’un agent supérieur de projet durant la dernière année, ça cimente ces projets », remarque-t-il.
M. Provencher convient cependant que la mise en place de services est un défi constant, la pérennité de ceux qui existent déjà n’étant pas assurée. « Il faut régler ça parce que ce n’est pas sécurisant.. Je voudrais m’entendre avec le gouvernement pour que nous ayons des ententes de financements pluriannuelles. Ça réduirait aussi la tâche de travail au point de vue de la paperasse », dit-il.
Le dossier interculturel en est aussi un qui tient à cœur au directeur général. « Nous n’avons pas encore touché à l’immigration. Pourtant, il faudrait voir à l’accueil et à la rétention des gens ».
Les Territoires du Nord-Ouest étant fortement multiculturels, M. Provencher entend construire des ponts avec les autres communautés septentrionales. Déjà, il prévoit la création d’un « festival des cultures nordiques », au cours duquel les francophones, anglophones et Autochtones se côtoieraient. « Nous avons intérêt à nous faire connaître et à partager avec les autres citoyens », croit-il.
Le centre scolaire communautaire
Le futur centre scolaire communautaire francophone de Yellowknife fait définitivement partie des priorités de Léo-Paul Provencher. Un comité de travail a d’ailleurs été formé pour travailler sur le sujet. « Le consensus recherché constitue un bon défi pour assurer le succès de notre réseau associatif », dit-il.
Au cours de sa dernière rencontre, le comité de travail a fait état des besoins en espaces de la communauté. « Il faut justifier l’espace requis auprès de nos bailleurs de fonds et les besoins communautaires cadrent bien avec le côté scolaire », de faire valoir celui qui veut que la famille soit bien intégrée dans le futur édifice.
Lorsqu’il est arrivé à la barre de la FFT, il y a trois ans, Léo-Paul Provencher a hérité de l’épineux dossier des droits linguistiques. Au terme d’un procès qui a duré neuf semaines, l’automne dernier, celui-ci n’est pas au bout de ses peines.
« Nous devrons faire le suivi du jugement et voir s’il y a appel ou non. Nous avons été invités à siéger à un comité pour la mise en œuvre des décisions de la juge Moreau et nous devrons voir à la gestion d’un plan d’action sur le sujet ».
Réseau associatif
Un autre chantier de Léo-Paul Provencher est celui de la réorganisation du réseau associatif franco-ténois. « Nous devons faire mieux avec ce que nous avons », résume-t-il.
« Nous avons présentement de la difficulté à créer une culture d’organisation à cause du mouvement des gens dans la structure associative. C’est un défi sans commune mesure. Il faut régulièrement recommencer le travail à cause du roulement des ressources permanentes et bénévoles », dit-il.
À son arrivée, en 2003, M. Provencher a pourtant remarqué qu’il travaillait « avec des gens qui ont une vision et une volonté de faire. Ils ont le courage de leurs convictions et sans ça, il serait plus difficile de maintenir et de faire avancer les projets ».
« Nous vivons dans un milieu en effervescence. Il y a un pays à construire ici et nous avons le potentiel pour faire une différence et emmener du nouveau. C’est motivant d’avoir beaucoup à faire », de conclure Léo-Paul Provencher.