le Mercredi 6 mai 2026
le Vendredi 3 mars 2006 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Santé

CHRONIQUE TNO SANTÉ Nos ados sont-ils accros à leurs cellulaires?

CHRONIQUE TNO SANTÉ Nos ados sont-ils accros à leurs cellulaires?
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Récemment, on m’a raconté l’histoire d’un jeune qui est allé passer sa première entrevue de travail. Au plus fort de cet entretien d’embauche, son téléphone cellulaire sonne et il s’excuse et commence à raconter à sa blonde comment l’entrevue se déroule. Je vous laisse deviner la suite…

À Montréal, un conducteur est au volant avec son cellulaire collé à l’oreille. Il brûle les feux et fauche un passant. Le cellulaire toujours à l’oreille, il s’extirpe de son véhicule et regarde par-dessus les spectateurs tout en poursuivant la conversation animée avec son interlocuteur. Culot ou inconscience?!

En dehors de ces faits révélateurs d’un outil parfois encombrant et à l’origine de bien des déboires, il n’est pas encore prouvé que le portable soit dangereux pour la santé. Si un risque important existait, il aurait déjà été révélé. Cependant, puisque des doutes subsistent quant aux effets des champs de radiofréquences (RF) émises par les téléphones mobiles et leurs stations de base, autant jouer de prudence.

Deux études faites en Belgique et au Japon ont sonné l’alarme sur les méfaits des SMS (Short Message Service) et de l’usage intensif des portables chez les ados… Personne ne sait si le Japon et la Belgique se sont concertés sur ce coup-là, mais quand deux pays de cultures aussi différentes pointent du doigt le téléphone cellulaire, on se dit qu’effectivement il doit poser un problème planétaire!

Selon les chercheurs belges, les SMS mettraient en danger la santé des ados car en recevoir – et surtout les attendre – les empêche de dormir ou casse leur sommeil. L’idée est que le sommeil est essentiel pour le développement et le bien-être psychologique : le troubler peut donc provoquer des problèmes tels que l’hyperactivité et l’augmentation des risques de blessures par manque d’attention (due au manque de sommeil : c’est logique non?). La moitié (50 %) des jeunes de 16 ans faisant partie de l’étude se mettaient ainsi en danger chaque nuit. Ils étaient 25% à 13 ans à ne pas couper leur portable. L’étude finissait donc en prévenant les parents que les SMS étaient alors plus dangereux pour le développement de leurs enfants que… la satanique télé ! Des problèmes plus profonds ont été révélés par l’étude effectuée au Japon : là-bas le manque de portable jette des milliers de jeunes dans la déprime, voire la dépression. Accrocs à leur portable, le moindre événement les empêchant de l’utiliser les plonge dans un état de manque inquiétant.

Ceci dit, l’hypothèse selon laquelle l’utilisation du portable serait une cause de maux de tête, voire de cancers du cerveau, n’est toujours pas vérifiée. Le seul facteur de risque réel d’accident bien établi demeure celui de l’utilisation d’un téléphone portable au volant.

Même si on ne sait encore s’il a ou pas des conséquences négatives sur la santé, un autre effet biologique a été observé : l’effet thermique. Il s’agit d’un échauffement des parties du corps en contact avec le téléphone portable, créé par l’absorption électrique. Pour toutes ces raisons, il y a lieu d’émettre quelques recommandations qui visent à éviter toute exposition superflue :

• réduire l’utilisation des mobiles dans des conditions de médiocre réception (le rayonnement reçu est alors important);

• s’équiper d’une oreillette;

• ne pas porter le mobile proche de tissus potentiellement sensibles, tels que le contact du ventre pour la femme enceinte ou près des testicules pour un adolescent;

• veiller à ce que les enfants fassent une utilisation mesurée du téléphone portable.

En somme, ces recommandations générales visent à protéger les utilisateurs, sans contraindre pour autant les fabricants à apporter des modifications à leurs produits. Une certitude tout de même, pour ceux, un peu flyés qui ont fait l’acquisition d’un soi-disant kit de «protection antiradiation» : vous vous êtes faits avoir, ça ne marche pas, au contraire. Et pour votre sécurité et celle du public, n’utilisez pas vos cellulaires en conduisant, s’il vous plaît.

Source : http://www.tasante.com/