La subvention, octroyée par le gouvernement du Canada, sera répartie dans l’ensemble des T.N.-O. « Plusieurs projets seront mis sur pied dans la capitale », a annoncé la secrétaire d’État pour l’enfance et la jeunesse, Ethel Blondin-Andrew, en conférence de presse la semaine dernière.
Yellowknife
Le programme Initiative pour des communautés sécuritaires a été lancé en juin 1998 et fait partie d’une stratégie du gouvernement canadien qui veut promouvoir des solutions locales et communautaires aux problèmes des habitants du Nord, et ce, particulièrement auprès de la jeunesse, des Autochtones et des femmes. « Cette stratégie est une innovation et elle joue un rôle au niveau communautaire », a commenté Mme Ethel Blondin-Andrew. L’un d’entre eux se déroule à l’école J.H.Sissons et consiste à instaurer un nouveau modèle disciplinaire dans l’école. Cette nouvelle approche, nommée cercle de la paix, vise à aider les jeunes à résoudre leurs différends d’une manière non-violente. La commission scolaire du district no.1 se joint à plusieurs parents et professeurs, de même qu’à des organisations pour participer à la réalisation du projet.
« Nous nous appuyons sur la théorie du contrôle de soi-même de William Glasser », a affirmé une enseignante de l’école J.H. Sissons, Arlene Bell. « Dans une école, les profs ont toujours le contrôle. Le contrôle ne passe pas aux élèves », a souligné Mme Bell. Toutefois, la nouvelle approche vise à responsabiliser les jeunes en leur redonnant le contrôle petit à petit selon cette dernière.
Voilà un exemple concret. « Un petit gars lance une balle de tennis à l’intérieur de l’école. En le faisant, il enfreint la règle. Au lieu de confisquer sa balle, on lui demande de faire un plan mentionnant ce qu’il pourrait faire pour éviter que la situation ne se reproduise. Il écrit qu’il gardera la balle dans sa poche. C’est concret », a expliqué Mme Bell. Cette méthode s’appuie sur un grand principe : au lieu de punir, on donne des chances tout en responsabilisant l’élève.
« Notre approche est un processus graduel. On se base sur les cinq piliers du comportement humain : l’amour et l’appartenance, la réalisation, le plaisir, la sécurité et la liberté. Chacun de nos comportements est une tentative de répondre à un de ces besoins », a soutenu Lynne Taylor, bibliothécaire à J.H. Sissons. « C’est O.K. de faire des erreurs, il faut apprendre à les réparer », a poursuivi cette dernière.
« Le plus difficile dans cette approche : nos habitudes. Lorsque l’on est fatigué ou stressé, c’est plus vite de se débarrasser du problème en donnant une punition. Il faut apprendre à parler différemment et à changer nos idées. La conversion doit se faire dans la tête ou le coeur du parent, qui devra changer son langage. Demander à l’enfant de trouver une conséquence pour une action qu’il a commise va lui permettre de retourner dans le groupe renforcé », a expliqué Arlene Bell.
N’Dilo et Fort Smith
La nation dénée de N’dilo a reçu quant à elle la somme de 15 900 dollars afin d’établir un programme pour les jeunes âgés de 6 à 18 ans. Ce dernier vise à mettre en oeuvre une série d’activités pour permettre aux jeunes de communiquer, tout en les aidant à comprendre les processus de prise de décision, de résolution de conflit et de contrôle de la colère.
Un centre de l’amitié, mis en place à Fort Smith semble remporter un succès certain. Le centre a été inauguré en juillet dernier. Il offre des ateliers aux jeunes et des activités sont organisées. « Au départ, il n’y avait personne au centre, mais nous avons engagé quelques jeunes faisant partie de divers groupes pour la période estivale. Les jeunes venaient voir leurs amis, et ils ont pris l’habitude de venir au centre », a raconté la directrice du Centre pour les jeunes de Fort Smith, Barb Heron. Elle a souligné qu’aujourd’hui, les jeunes organisent des tournois de cartes ainsi que des danses. Ils font des encans pour amasser des fonds avec lesquels ils achètent notamment des meubles pour le centre.
« Ils sont plus responsables et font attention au centre. Ils sont plus respectueux », s’est exclamée Mme Heron.