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le Vendredi 25 mars 2005 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

Vive le Printemps!

Vive le Printemps!
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La neige fond. Les bouteilles se frayent un chemin à travers une neige douteuse. Les rues sont de plus en grises…de garnotte (si vous me passez l’expression). Pas encore de bourgeons ni de feuilles dans les arbres. Des journées de plus en plus longues. Le printemps est là! Chaque année, au printemps, on est toujours un peu partagé entre la saleté de la ville et la superbe lumière que procure le soleil.

Cette saison annonciatrice de l’été est officiellement arrivée depuis la fin de semaine dernière. L’espoir renaît. Nous voyons les jours rallonger, le temps devenir de plus en plus clément, les oies et les canards reprendre possession des lieux, la neige et la glace fondre, le ciel se gorger de bleu à n’en plus finir. Tout ça pave la route à un été aux longs jours qui sera chargé d’activités qu’on n’en peut plus d’attendre. Dire qu’on trépigne serait sans doute un genre de synonyme pour dire qu’on ne tient plus en place. On anticipe les pêches miraculeuses, le camping, les barbecues, les longues journées dans l’eau, à barboter et à plonger, les calmes balades sur les lacs perdus dans quelque barque. La transition est toujours un peu longe et chargée d’imprévu, comme des températures de –30 comme on a ce matin avec le vent. Mais bon, facile de se consoler, quand on sait ce qui s’en vient

Il y a tellement de choses à faire : voir s’il ne manque rien à l’équipement de camping, sortir du placard le « stuff à bebittes » (en bon optimiste que vous êtes), le chapeau de paille ou de feutre tout croche, les cannes à pêche, le linge d’été. Que de choses excitantes! Il ne faut rien oublier. C’est aussi le temps de penser à acheter les grainailles pour les jardins. Vous croyez avoir le temps pour ce faire. Vous avez bien raison. Vous venez d’arriver si vous croyez que le temps des semailles approche. D’ailleurs, je me demande bien où vous les sèmeriez, ces grainailles, car par le temps qui courent, avec l’épaisseur de neige qu’on a cette année, ce n’est pas pour demain. Pour ma part, fini la plantation et la récolte. C’est bien connu, si on fait un jardin, ce n’est pas pour économiser, mais pour jardiner, pour avoir le plaisir de jouer dehors, de voir le miracle se produire et d’admirer son œuvre. J’ai eu une expérience jardinière plutôt décevante il y a quelques années. De tout mon labeur et mon investissement, ne sont sorties que quelques patates rabougries et trois ou quatre carottes minuscules! Pourtant j’avais semé carottes, radis, laitue, tomates, pois, et quoi d’autre? C’est à peu près ça. Pour ceux qui ne le savent pas, il y a à Yellowknife un jardin communautaire où vous pouvez cultiver vos patates, comme la serveuse automate. Si l’envie vous prend de devenir cultivateur, je vous souhaite meilleure chance que moi. Et le pire, c’est que je ne me suis même pas amusée. Comme je devais y aller très tôt le matin, avant d’aller travailler, je me faisais attaquer par une armée de moustiques, prêts à défendre leur supposé territoire. Non, la culture, très peu pour moi. Et mes quelques patates me sont revenues à tout près de 200 $ (prix des graines et de la location du terrain), alors que j’aurais pu avoir la même quantité pour 3 $ à l’épicerie. Bonne leçon pour moi. Mais je comprends quand même que certaines personnes jouissent de cette activité et en profitent, ce qui n’est pas mon cas.

En fin de semaine dernière, j’ai constaté de visu les signes de l’arrivée du printemps. Je suis partie de Yellowknife, il faisait –38 avec le facteur éolien (tu parles d’un Éole). À mon arrivée à Edmonton, le mercure indiquait un pauvre petit +6 degrés. Pas si mal, comme différence. Quand je suis arrivée à Calgary, on était rendu à + 22 (pas mal pour un 11 mars!), et l’après-midi, dans les eaux thermales de Banff, je me prélassais dans le bassin d’une eau qui était à +38°C. Pas mal, en quelques heures! Je ne suis pas partie du Grand nord canadien pour le Mexique ou quelque pays d’Afrique. J’étais toujours au Canada, à peine deux heure d’avion, et voilà que j’avais l’impression d’être au bout du monde. À mon retour, il allait neiger à l’endroit même où il faisait +22°, mais ça, c’est une autre histoire.

Pour en revenir au printemps, tout au long de la route entre Edmonton et Calgary, j’ai croisé des dizaines de volées de canards et d’oies. Eux le savent, quand le printemps arrive! Mais j’espère qu’ils vont rester quelques jours en Alberta, car ici, même si les jours rallongent, ils risquent d’être déçus, les pauvres canards, s’ils comptent se nourrir sur les lacs dégelés. Ils ont encore gelés durs, nos lacs, et même si le soleil est fort, ils ne sont pas prêts d’avoir suffisamment d’aires ouvertes pour accueillir des canards en quête de nourriture. Donc, petits canards, si vous me lisez, restez donc encore un peu dans le Sud, en Alberta. Vous pourrez mieux vous nourrir qu’ici dans le Nord. Par contre, on sera bien content de vous accueillir dans un mois ou un mois et demi. Et là vous pourrez patauger dans nos eaux si généreuses. En attendant, petits canards et chers lecteurs, je vous souhaite de bien profiter de tout ce que nous apporte le printemps. Profitez bien de nos douze heures de clarté.

genevharvey@yahoo.com