La courtoisie au volant : pas toujours au rendez-vous! par Geneviève Harvey Je conduis depuis des années. J’ai toujours aimé cette activité de la vie. Comme souvent je ne me sers de la voiture que pour faire des courses ou faire de longues distances, ça me permet de relaxer et de jouir de ce plaisir. J’adore écouter de la musique, de la bonne musique, ma musique, dans la voiture. Le son est vraiment bon et crée un atmosphère magique. On se sent bien en sécurité, et on ne s’attend surtout pas à ce que des enragés viennent empiéter sur votre terrain et vous sortir de votre bulle, et vous faire encore une fois sentir que oui, les cons existent partout, et n’allez surtout pas l’oublier dans votre bulle-voiture. Ainsi, l’autre jour, je me dirigeais chez des amis, par de petits chemins à sens unique qui sont plutôt charmants. Comme c’est un sens unique, on ne s’attend vraiment pas à rencontrer, dans un détour, un gros SUV blanc, arrivant à toute allure, même si le chemin est minuscule, bon pour une seule voiture qui va dans le bon sens. Donc, ce gros c… arrive du mauvais bord, à toute allure, et à mon air atterré et insulté, il se met à m’engueuler, comme si c’était moi qui avais fait quelque chose de pas correct. Non mais, pensez-y un peu. Un gros dégueu, qui non content de s’enligner à toute allure du mauvais sens d’un sens unique engueule en plus, juste pour faire ch… et trop fier pour admettre son erreur. Fier, ce n’est pas le mot que je devrais employer, mais plutôt bien trop con, n’ayons pas peur des mots. Quand quelque chose du genre t’arrive, tu as envie de ruer dans les brancards, de hurler, de déménager sur ton île, loin de tous ces fiers-à-bras à la con qui ne se contentent pas de faire ch… ceux qui les entourent immédiatement, comme leur épouse et leurs enfants, mais tout le monde, surtout quand ils ont tort, qu’ils le savent pertinemment, mais que la matière grise de leur cerveau est à ce point ramollie que jamais ils n’auront le courage, ou la décence, ou le bon sens de reconnaître leur erreur. Pas drôle! Certains me diront sans doute que je ne suis pas d’une patience légendaire et qu’à l’occasion, j’ai démontré avoir une matière grise qui n’était pas toujours de la première qualité. Je vous l’accorde. Mais j’ai aussi la capacité d’admettre mes erreurs, de reconnaître que je me suis trompée, ou que j’ai fait quelque chose que je n’aurais pas dû faire. Encore une fois, je suis loin d’avoir la palme pour comportement remarquable, mais bon, je ne m’enlignerai pas dans un sens unique, à toute allure, du mauvais sens, et engueuler l’autre qui vient lentement, et du bon côté. Il faut quand même avoir du culot, admettez-le! Cet incident, arrivé très tôt le matin m’a laissée songeuse toute la journée. Je pensais à tous les cas de rage au volant, et à la frustration de plusieurs conducteurs, souvent des gars, des vrais, poilus et tout, qui se sentent frustrés parce qu’une femme les dépasse; parce que leur char est « lette », si vous me passez l’expression; que leur femme n’a pas voulu baiser avec eux la veille; parce qu’ils viennent de faire quelque chose d’illégal, mais que les fautifs, c’est tout le monde, mais pas eux; etc. Je déteste ce genre de gars tout en sachant pertinemment qu’ils sont dangereux et que c’est souvent eux qui sautent sur les autres, dans un état de rage. Oui, ils sont dangereux. Ainsi, ce matin, le gars, s’il avait pu, je sentais qu’il se serait fait un plaisir à m’envoyer promener son poing sur le nez. J’exagère. Vous savez très bien que non. Vous avez vous aussi été victime de ce genre d’enragé, j’en suis certaine. Vous vous êtes bien demandé ce que vous aviez fait, et ce n’était pas vous, c’était l’autre. Alors pouvez-vous imaginer un peu si vous avez quelque chose du genre aller trop lentement, changer d’idée et ne pas tourner comme vous l’aviez signalé, ne pas décoller aussitôt le feu passé au vert, etc., vous voyez un peu, ce genre de petites choses insignifiantes qui font baver nos enragés du volant. Gare à vous, dans le prochain bout droit, il vont vous dépasser dans un détour, à double ligne, avec un autobus qui s’en vient, et un accotement inexistant, juste pour vous montrer qu’ils peuvent vous faire peur, vous tasser de là, voire même vous éliminer au besoin. Je sais, c’est leur problème, mais ça risque de devenir le vôtre si vous vous retrouvez dans le fossé pour vous prouver quelque chose que vous ne comprendrez jamais. Et je continuerais ainsi, sans me lasser, mais je sens la rage monter en moi, ce qui est loin d’être le but de l’exercice. Je sens donc que pour laisser décanter tout ça, mieux vaut arrêter d’en parler. Il fait beau! La vie est belle! Je vais aller faire une promenade à pied, et oublier tout ça. Et je vous souhaite de ne jamais devenir un de ces enragés. Et si vous l’êtes déjà, eh bien! tant pis pour vous! Vous auriez intérêt à vous contrôler! À bon entendeur, salut!
La courtoisie au volant : pas toujours au rendez-vous!
La courtoisie au volant : pas toujours au rendez-vous!
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