Vous l’avez deviné! Je n’ai pas vraiment d’idée pour la chronique de cette semaine. J’ai bien écrit sur de petits bouts de papiers quelques idées générales, comme Achat d’un char à 3, ou Ce n’est pas parce que c’est dans la nature que c’est bon pour la santé. De quoi veut-elle parler, vous dites-vous en vous disant : Bon, ça va être platte cette semaine. Elle va juste parler pour parler. N’est-ce pas grâce à ça que Jeannette Bertrand a sorti de grandes vérités, en parlant pour parlant. Pour les jeunes qui ne connaissent pas Jeannette Bertrand, qu’il suffise de dire qu’elle avait une émission télévisée, qui s’appelait Parler pour parler, et où des gens discutaient de sujets qui les touchaient personnellement. Bien de grands sujets ont alors été abordés. Donc, laissez-moi m’exprimer.
Le char à 3. Alors que j’allais à l’université, à Québec, les finances n’étaient pas à leur plus haut. Le prêt et la bourse ne suffisaient vraiment pas à défrayer les coûts d’une voiture. J’habitais alors avec deux de mes amis. Et j’ai eu l’idée sublime que nous pourrions acheter une voiture à trois. Je ne formais pas un couple avec l’un d’eux : ils avaient tous deux leur copine et pour ma part, j’avais mon copain. Donc, après en avoir discuté, nous avons jugé que la chose serait avantageuse pour les trois. Nous avions tous trois des buts bien différents. Pour A., le but était d’apprendre à conduire. Pour R., le but était de monter régulièrement vers Port-au-Persil pour construire son chalet. Pour ma part, je voulais faire différents déplacements et voyager un peu : Montréal, le Lac-Saint-Jean, etc. Nous avons donc cherché et bien vite trouvé une grosse «minoune pas chère pan toute qui faisait bien notre affaire ». Et c’est avec grand plaisir que nous avons pu trouver notre compte tous les trois : A. a appris à conduire sans malencontreux incidents, et conduit toujours d’ailleurs, R. a construit son chalet, qu’il a toujours d’ailleurs, et j’ai voyagé, et je voyage toujours, d’ailleurs. Sans nous vanter, je crois que nous avons alors fait preuve d’avant-gardisme dans notre décision. En effet, il existe maintenant des compagnies où vous payez un abonnement annuel et, moyennant des frais, vous avez accès à leur parc de voiture. Vous pouvez avoir une voiture pour 3 heures ou pour 1 mois, dépendant de vos besoins, Bien sûr, les coûts sont fonction du temps. Mais je trouve le principe génial, surtout quand on reste dans une grande ville et qu’il avoir fait un cours classique avancé pour surdoués pour comprendre l’affichage expliquant les conditions de stationnement. Avec le principe d’utilisation au besoin, finis les hurlements, les grincements de dents, les crises de nerfs quand on ne trouve pas d’endroit où garer sa voiture. On la retourne d’où elle vient, la voiture. J’allais oublier de dire qu’il existe plusieurs endroits dans la ville où on peut aller chercher la voiture en question. Génial, n’est-ce pas? Je sais, ça ne correspond pas trop à notre mentalité de mes bébelles, mais bon, des mentalités, ça se change! Et quand la terre aura assez démontré qu’assez, c’est assez, peut-être sera-t-il alors trop tard pour prendre des mesures et pour afficher un comportement conscient de l’environnement.
Je sais! Je prêche, je prêche, et j’ai une voiture. C’est vrai. Je ne devrais pas en avoir ici, à Yellowknife, car je ne la prends pratiquement pas. L’hiver, je marche. L’été, j’utilise mon vélo. Je n’utilise ma voiture que pour faire quelques courses qui ne justifient en rien la nécessité d’avoir un char, si vous me passez l’expression (ce ne serait pas la première fois d’ailleurs). Donc, pour en revenir à mon histoire de char à trois. Comment ça fonctionnait pour ne pas qu’il y ait de chicane : chacun d’entre nous l’avait pendant une semaine. et quand ce n’était pas notre semaine, on n’y pensait même pas, en ce sens que la personne qui avait la garde cette semaine là avait le plein contrôle sur la bête, je parle ici de voiture. Ne vous inquiétez pas, si la voiture était stationnée là, immobile, et que celui dont ce n’était pas la semaine en avait besoin pour quelques minutes, le bon sens a toujours prévalu et jamais de refus n’a été essuyé. C’était l’harmonie, quoi! Et comment cela s’est-ils terminé? Eh bien!, nous l’avons eu une couple d’années, et un bon jour, il est mort de sa belle mort. Les réparations qu’il aurait fallu faire ne justifiaient pas de le garder en vie. Nous avons donc été l’enterrer dans un cimetière pour chars, et nous nous sommes toujours dit que nous avions fait là une bien bonne affaire. Sinon, nous n’aurions pas eu de voiture, étant donné nos moyens financiers limités. Et c’est ainsi que prend fin mon histoire de char à trois. Et l’autre sujet, vous dites-vous? L’autre sujet devrait susciter assez de jus pour faire l’objet d’une prochaine chronique. Là-dessus, je vous souhaite un bon printemps. Je ne plaisante pas. On en a marre! Un bon matin, on va se réveiller, et ce sera l’été. Cette année, le printemps oublie de se manifester. Dur, dur.
Bon printemps quand même!
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