J’adore les histoires de chars. Vous ne vous en êtes peut-être pas vraiment rendu compte, car je tente de cacher mon vice, mais j’aime les chars, les histoire de chars et surtout, surtout, j’adore conduire sur de longues distances. Par contre, je déteste les histoires de chars brisés, à moins que ça finisse bien. Bref, j’en ai une bonne à vous conter, mais n’en parlez surtout pas, car je vais passer pour une nounoune, une vraie. Et après tout, peut-être en suis-je une? Je vous le donne en mille!
Mais commençons pas le tout début de ma passion pour les chars : ça ne remonte pas à hier. Dès mon jeune âge, j’adorais les voitures. J’ai pris mon permis dès que j’ai eu l’âge et je savais déjà conduire. Souvent, c’est moi qui conduisais pour descendre à Québec. Donc, un jour que mon père s’était acheté une nouvelle voiture et avait gardé l’ancienne, je me réjouissais à l’idée d’avoir cette nouvelle voiture. Mon père, qui pouvait être entêté et manquer de jugeote (du moins à mon sens) avait dit sur un ton de grand bonze : Je vais la brûler plutôt que de te la donner. Pas besoin de dire que j’avais trouvé ça plutôt con et que j’avais poussé de hauts cris. Mais bon, c’était comme ça. Je me suis donc procuré ma première voiture à l’âge de 18 ans, à Montréal. Une Anglia. Les plus jeunes ne savent même pas ce que c’est. Donc, j’ai acheté cette voiture manuelle alors que je ne savais pas conduire les voitures à transmission manuelle! Et je me suis retrouvée… sur l’autoroute Métropolitaine, en pleine heure de pointe, à conduire une manuelle… J’ai dû me débrouiller, et j’ai appris très vite comment ça marchait. Vous pouvez me croire. J’avais acheté un citron, toujours brisé. Mais ça c’est une autre histoire.
Donc, mon amour des chars a débuté alors que j’étais jeune. Vers l’âge de 30 ans, j’ai décidé que j’en avais assez de me faire avoir au garage, parce que je ne m’y connaissais pas assez. J’ai donc pris un cours de mécanique 101. On apprenait la base : comment fonctionne une voiture, comment reconnaître un problème au son, et enfin, dernière étape, on démontait et remontait un moteur de tondeuse (moteur à deux temps, bien sûr). Le test : si le moteur démarrait, on avait réussi. Et nous avons réussi. Nous étions plusieurs filles dans ce cours, et j’étais jumelée avec une autre fille. Nous avons obtenu notre diplôme d’initiation à la mécanique. Tout un honneur.
Puis mon histoire se poursuit ainsi, avec mes chars. Je me souviens d’avoir réparé moi-même une vieille van Volkswagen, (pas celle qui ressemblait à un grille-pain, une autre, rouge et blanche). J’étais partie pour l’Amérique latine avec cette van. Un bon jour, problème électrique, et je ne peux plus la faire démarrer. Je dois la stationner dans une pente, et hop! je la pars sur la compression. Comme c’est une manuelle, pas de problème tant qu’il y a une côte, mais quand il n’y en pas, alors là, faut se faire pousser. C’est au Costa Rica que je me suis tannée et que j’ai décidé de faire quelque chose. Eh bien, vous me croirez si vous voulez, mais j’ai réussi à la réparer. Plus jamais de poussage ou de démarrage sur la compression après ça. Une autre fois, je devais changer le joint d’étanchéité du contenant pour l’huile. Impossible d’en trouver un pour ma vieille van. J’en ai fabriqué un moi-même, dans une plaque de liège que j’ai découpée et je l’ai aussi posé moi-même. Réparé le problème.
Dernièrement, la lumière rouge de la batterie allumait sur mon tableau de bord. Le problème a commencé avant Noël et de retour de voyage, j’ai pris rendez-vous pour faire vérifier l’alternateur. J’avais fait vérifier ma batterie par un ami qui m’avais assurée que la batterie était encore en bon état. Donc, je demande à vérifier l’alternateur, et on m’appelle pour me dire qu’en effet, il faut le changer. Donc, par les froids sibériens qu’on a connus en janvier, pas question de ne pas remplacer cet alternateur. Donc, après trois jours au garage (pas de pièce en ville, il faut en faire venir une), je repars avec ma voiture et en revenant, je constate que oh! horreur, ma lumière de batterie allume. M….! Je retourne au garage, car je viens quand même de débourser un bon montant pour un travail garanti. Le jeune prend la voiture pour la rentrer dans le garage et me dit : Ce n’est pas la lumière de la batterie qui est allumée, c’est la lumière de l’antigel. Ooops! comme je racontais à quelqu’un, je suis devenue blanche, j’ai dû me retenir au comptoir pour ne pas tomber et je me suis dit que j’avais fait changer mon alternateur alors que tout ce que j’avais à faire, c’était de rajouter de l’antigel. communément appelé Prestone. Oh boy! Les cours sont rendus loin et ma bêtise est sans égale. J’entends déjà certains d’entre vous se dire, ou simplement penser : – Quelle imbécile! Je vous l’accorde, mais ce que je ne vous avais pas dit, c’est que lorsque j’avais vérifié ma batterie avec un ami, il avait aussi vérifié mon alternateur, qui commençait à démontrer des signes de vieillissement évidents. Donc, comme il m’a si bien dit un plus tard, je n’ai fait que prévenir un problème qui était sur le point de se manifester. Mais je peux vous avouer, à mon grand dam, que je n’étais pas fière de moi. Mais comme disait l’autre : Que voulez-vous? Et coui, coui, coui, mon histoire est finie. À la prochaine. Ça réchauffe, il faut que j’aille profiter de l’hiver!
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