20 janvier 2004 – Je suis plutôt du genre optimiste disent certains lorsqu’il s’agit de ma chronique sur les Canadiens de Montréal. Pourtant, lorsque j’ai fait mes prédictions en début de saison, je placais ce club dans une bataille à finir pour participer aux séries éliminatoires. D’après mes attentes, je croyais que la séquence des huit matchs du 8 au 24 janvier serait une des plus difficiles du club. En fait, je ne leur accordais que quatre points sur une possibilité de 16. À la suite du match contre Philadelphie, le club est déjà en avance de six points sur mes prédictions de la saison. À cette allure, le club pourrait terminé la saison avec 96 points, non pas au huitième rang de la conférence mais bien au septième ou au sixième.
Malgré les récents succès de l’équipe, l’important demeure de participer aux séries éliminatoires. Anaheim a démontré l’an dernier comment un gardien de but peut voler la vedette et José Théodore est l’un des rares gardiens qui peuvent faire la différence dans les séries. L’an dernier également, Minnesota a démontré comment un jeu défensif hermétique peut enrayer l’offensive des meilleures équipes. Or les Canadiens ont aussi adopté ce type de système de jeu. S’ils font les séries, et cela est presque certain, le club ne sera jamais un favori mais il pourra, comme Anaheim et Minnesota, déjouer les pronostiques.
La décision de Claude Julien de laisser Mike Ribeiro dans les gradins, afin de lui servir une leçon sur l’importance de ne faire que de courtes apparitions sur la patinoire, porte fruit. Tous les joueurs ne sont sur la glace que pour 30 à 40 secondes mais jouent ce 30 secondes avec beaucoup d’intensité. La recette est pourtant simple : à bout de souffle, après une présence de 60 secondes sur la patinoire, tu peux difficilement pourchasser le porteur de la rondelle et lui livrer une lutte efficace le long des bandes. Je ne crois plus que l’on reverra un Mike Ribeiro qui se laisse simplement glisser vers son territoire lors d’un repli défensif, alors qu’un joueur de l’équipe adverse se trouve à une couple d’enjambées, sans couverture.
Quant à rêver, et alors que le club se promène entre le sixième rang et le septième rang de sa conférence, on peut espérer qu’ils termineront en sixième position car cela leur permettrait d’affronter le club en troisième position, classement accordé par défaut au champion de la division du sud est (probablement Tampa Bay ou Atlanta). Montréal a remporté ses deux joutes contre Atlanta et a un dossier de deux victoires et une défaite contre Tampa Bay.
C’est probablement plaisant d’être directeur général de ce club par les temps qui courent. Comme le club roule à plein régime, la pression se fait moindre sur Bob Gainey pour compléter des transactions. Il n’a plus maintenant qu’à se montrer patient et attendre que les équipes qui rateront les séries ne commencent à alléger leur masse salariale.