Je reviens d’une semaine de vacances à Cuba. La motivation de mon choix : aucun supplément à débourser pour occupation simple. En bref, je ne suis pas pénalisée du fait d’être seule et non en couple. Intéressant, non? Et quand on part seul, on n’est jamais seul bien longtemps, car ce n’est pas long avant de connaître du monde. Je me préparais à un repos attendu et espéré. Je ne croyais cependant pas que les choses se passeraient si vite. C’est dans la file d’attente à Mirabel que j’ai connu… appelons-la M. Comme vous le comprendrez par la suite, je tairai les noms pour toutes sortes de raisons. Donc, je rencontre M. qui m’affirme avoir déjà été à Cuba et avoir… adoré ça. À son ton, je me rends bien compte que ce n’est pas uniquement la mer et le sable qui ont suscité son… adoration. Sans vergogne, je lui pose la question fatidique: Tu as rencontré quelqu’un? Et devant son air étonné devant mon intuition, je lui explique que ce n’est pas mon intuition qui était si aiguisée, mais bien son expression si facile à lire. Bref, c’est parti. Elle me raconte vitement, pendant que la ligne avance à pas de tortue, qu’elle a connu cet homme lors de son dernier voyage à Cuba en novembre. Il s’agit d’un Européen dont je tairai la nationalité pour des raisons que vous comprendrez. Depuis ce temps, elle correspond avec cet homme et les choses sont même allées assez vite. Des promesses sont faites. Le choix de Cuba s’impose peu à peu. Pourquoi ne pas situer le prochain rendez-vous dans un lieu neutre, endroit où la première rencontre a eu lieu. Ce sera plus facile que dans son pays à lui ou son pays à elle, car alors, l’hôte est en avantage, si on peut s’exprimer ainsi. Bref, la rencontre est fixée et M. trépigne d’impatience. En passant, le gars en question est traducteur. Donc, après un voyage sans anicroche ni turbulence, nous arrivons à Cuba. Quelle déception pour M. de constater que P (appelons-le ainsi pour les besoins de la cause) que P. donc, n’est pas au rendez-vous dans le hall d’entrée de l’hôtel. M. est au désarroi. Nous prenons chacune nos chambres et je me dirige vers la mienne. Après presque 48 heures sans sommeil, les choses ne me semblent pas très belles: en fait, tout est laid, ma chambre en particulier. Je décide donc d’appeler M. pour qu’on puisse pleurer ensemble, elle sur son homme absent, moi sur ma chambre minable. Surprise! P. est arrivé aussitôt qu’elle a mis le pied dans sa chambre. C’est donc une M. regaillardie qui me répond et qui me donne rendez-vous dans le hall pour régler le problème de la chambre. Je les rencontre donc quelques minutes plus tard. Ils viennent voir ma chambre et je vais visiter celle de M. bien mieux que la mienne, mais vraiment moins bien située, moins centrale. De plus, j’ai vue directe sur la mer, ce qui n’est pas à négliger. Me connaissant et sachant que la fatigue crée une distorsion de la réalité, je refuse de changer de chambre en espérant qu’à la lumière du jour, les choses prendront une dimension nouvelle. C’est donc à demi somnambule que je regagne cette chambre exécrée et que je laisse nos tourtereaux à leurs roucoulades. Il faut dire qu’il s’est quand même passé un certain temps depuis le début de notre rencontre. Je me laisse aller dans un sommeil réparateur. Le lendemain, c’est M. qui m’éveille par le téléphone. Elle vient me rejoindre, bien décidée à me faire changer de chambre. Elle arrive donc, seule, sans son P. Ce dernier doit nous rencontrer à la cafétéria, au petit déjeuner. Je rassure M. Ma chambre n’est pas si mal et après tout, je n’y viens que pour dormir, car je passerai mes journées à l’extérieur. Donc, pas besoin de changer. Pas besoin de bain. Je peux faire changer la lumière du corridor. Je me résigne à une situation qui s’avère après tout pas si mal. On part donc pour le petit déjeuner. À peine sommes-nous assises que le joyeux tourtereau se joint à nous. La conversation va bon train. Les rires fusent. P. prend congé abruptement: il a des choses à faire : aller chercher des films, faire un travail de traduction. Étrange! N’est-il pas en congé. Je sais très bien, pour ma part, que je ne pars pas avec des traductions à faire. Mais bon, sans doute lui a-t-on demandé de faire un petit travail sur place pour aider? Quand même, ça me chicote. donc, il prend congé abruptement de M. et nous, on se prépare à une journée de plage, de lecture et de baignade. Les choses n’ont plus la même couleur que la veille. Une belle journée en perspective. Je me prépare à passer cette journée seule, car M. retrouvera sous peu son P. et je me réjouis à la perspective d’attaquer un livre qui me fait envie depuis mon départ. Mais les choses n’allaient pas se passer ainsi. La tournure des événements allaient nous surprendre, mais il est encore trop tôt pour vous en faire part. Comme vous devez le percevoir par mon ton, je vais vous faire patienter jusqu’à mon prochain article, dans deux semaines. L’histoire est trop longue pour l’escamoter. Et sur ce, je vous souhaite un bon début d’été et je vous dis à la prochaine!
Quelle histoire!
Quelle histoire!
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