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le Vendredi 9 mai 2003 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:35 Divers

Donner de son temps

Donner de son temps
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Chaque mercredi, Dawn Lacey, Esther Braden et Theresa Crane se rendent à l’unité des soins de longue durée de l’Hôpital territorial Stanton. Le personnel de l’hôpital les appelle les « Song Birds ». En fait, elles viennent divertir les patients qui sont souvent hospitalisés dans ce département depuis plusieurs mois.

Les trois amies chantent pour ces personnes malades, souvent aux prises avec des facultés cognitives dégénérescentes. « C’est merveilleux de voir la réponse des gens à la musique qu’ils connaissent. Certains sont à des stades avancés et ne répondent plus à beaucoup d’autres stimulations. C’est ma récompense et en plus, j’ai du plaisir », d’exprimer Esther.

C’est Esther qui a pris l’initiative de venir jouer de la musique pour les gens malades. Par la suite, Theresa Crane s’est jointe à elle. « Mon mari était dans le département et j’entendais Esther qui venait et qui jouait sur le vieil orgue que l’on retrouvait sur l’unité. Quelques temps après que mon mari soit décédé, elle m’a approchée pour me demander si j’accepterais de me joindre à elle », raconte-t-elle.

Par la suite, c’est Dawn qui s’est jointe au groupe. « Un jour, je suis allée visiter ma mère qui était hospitalisée en Saskatchewan. Il y avait des gens de la communauté, là-bas, qui se rendaient jouer de la musique pour les gens malades et j’ai vu à quel point ça voulait dire beaucoup pour ma mère. Quand Esther m’a demandé si je voulais prendre part à l’activité, j’ai accepté ».

« Pour moi, il s’agit d’une façon de communiquer, parfois sans les mots. Ça leur apporte beaucoup et c’est réciproque. Le plus beau cadeau que nous pouvons recevoir, c’est un sourire, la reconnaissance ou une caresse », de résumer Dawn.

Selon Mireille Richer, aussi bénévole à l’hôpital Stanton, les bénévoles peuvent devenir une famille pour les patients qui sont parfois éloignés des leurs. Cette dernière travaille beaucoup à la boutique-cadeau, tenue par les bénévoles. Les profits amassés par la boutique serviront à acheter du matériel qui rendra la vie des patients plus confortable.

« Parfois, les gens viennent au magasin simplement pour parler à quelqu’un, puisqu’ils n’ont personne à qui parler. Nous avons besoin de beaucoup de bénévoles pour aider à satisfaire les besoins », dit Mireille Richer.

Présentement, une quarantaine de bénévoles sont actifs à l’hôpital Stanton. Coordonnatrice des services de bénévoles et des langues officielles à l’hôpital depuis quelques mois, Marie Kelly entend faire gonfler ce chiffre. « Nous avons des besoins dans tous les départements. En obstétrique, il y a des femmes qui doivent rester au lit, parfois jusqu’à six semaines, sans pouvoir bouger, avant que le bébé n’arrive. Parfois, ce sont des nourrissons qui doivent être bercés. On retrouve aussi des gens qui sont en soins de longue durée et qui n’ont jamais de visiteurs. Ils auraient simplement besoin d’amis ou de compagnie », dit-elle.

Bien que Mireille travaille déjà à l’hôpital, dans le secteur de l’administration, cette dernière ne voit pas son action bénévole comme étant un travail. « Quand on est bénévole, on donne quelque chose sans recevoir. On dirait que ça fait chaud au cœur d’aider quelqu’un sans s’attendre à quelque chose en retour », lance-t-elle. « Quand on fait partie d’une famille, on lui donne des choses dont elle a besoin et tout le monde s’entraide. Avec les bénévoles, c’est comme ça. On ne dit jamais que ce n’est pas écrit dans la description de tâches », d’ajouter Mme Kelly.

Pour certains, le bénévolat a d’ailleurs mené à une carrière stimulante. C’est le cas de Carey West, qui a commencé à faire du bénévolat alors qu’elle était en 7e année. « C’est ma mère qui m’avait obligée à faire du bénévolat. J’ai absolument aimé ça et je suis restée accrochée !». Carey mène maintenant une carrière en récréologie à l’hôpital.

Carey aussi voit l’action des bénévoles d’un bon œil. « J’adore les bénévoles. Ils enrichissent définitivement la vie des gens. Il s’agit d’une belle façon de rencontrer des personnes, surtout lorsqu’on travaille avec les aînés. Il vient un moment où l’on connaît tout de leur passé et de leur histoire. C’est une très bonne façon d’apprendre », de raconter celle qui, maintenant, se reconnaît dans deux jeunes bénévoles actifs.