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le Vendredi 6 Décembre 2002 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:35 Divers

Division des collections du Centre Septentrional Prince-de-Galles Rendre à César ce qui appartient à César

Division des collections du Centre Septentrional Prince-de-Galles Rendre à César ce qui appartient à César
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Les collections du Centre Septentrional Prince-de-Galles ont été divisés en deux. Le Nunavut devra par contre construire un musée avant de recevoir sa part du gâteau.

Trois années ont été nécessaires pour passer en revue la collection de plus de 100 000 objets du Centre septentrional Prince-de-Galles. L’équipe de six spécialistes, trois des Territoires du Nord-Ouest et trois du Nunavut, a mis la main à la pâte pour analyser chacune des pièces et déterminer son origine. Ce travail a été amorcé dès la création du territoire du Nunavut, mais même terminé, les collections ne bougeront pas de Yellowknife tant que le territoire voisin n’aura pas construit son propre musée et n’aura pas embauché des gens qualifiés.

Tant les artéfacts que les archives ont passé l’examen de l’équipe de travail formé, du côté des T.N.-O., par le directeur du Centre septentrional Prince-de-Galles, Charles Arnold, du curateur des collections et de l’archiviste des T.N.-O. L’imposante collection a prolongé le processus, mais les équipes travaillaient également à distance, celle du Nunavut devant même analyser les pièces selon l’information qui lui était transmise par l’équipe des T.N.-O. Le ministère de l’Éducation, de la Culture, de la Formation souligne qu’aucune mésentente n’est survenue au cours des négociations. Charles Arnold, de son côté, n’est pas tout à fait du même avis. « Il y a eu des mésententes, il y avait des points plus difficiles à négocier, mais oui, nous sommes parvenus à une entente à la toute fin. »

Les collections les plus difficiles à répertorier étaient celles qui chevauchaient deux histoires et deux territoires. Plusieurs collections, par exemple, ont été mises sur pied à l’époque où ni les T.N.-O., ni le Nunavut avaient leur emplacement actuel. Ce faisant, plusieurs pièces des collections font référence autant à la culture dénée qu’à la culture inuite. « Nous avions deux collections similaires qui contenaient des artéfacts provenant de l’Arctique central, dans une zone où, traditionnellement, les gens se déplaçaient sur un territoire qui est devenu les T.N.-O. et le Nunavut, explique Charles Arnold. Les deux juridictions avaient un intérêt envers ces collections. Nous avons décidé d’en transférer une au Nunavut et d’en garder une aux T.N.-O. »

Le transfert des pièces ne se fera probablement pas avant plusieurs années. D’ici à ce qu’un musée soit construit au Nunavut, les pièces resteront entreposées à Yellowknife. Le travail d’emballage est déjà commencé, car les employés du musée de Yelloknife ne veulent pas être pris au dépourvu. « C’est très important que nous commencions ce travail tout de suite si nous ne voulons pas nous faire dire du jour au lendemain par le Nunavut qu’ils sont prêts et que nous pouvons envoyer les pièces », a révélé Charles Arnold. Le processus se poursuivra au cours des prochaines années avec l’aide du gouvernement du Nunavut.

Ce travail d’emballage et de transfert pourrait même être sujet à la formation d’employés qui, de retour au Nunavut, pourraient prendre en charge la conservation des artéfacts et des archives. « Nous avons suggéré au gouvernement du Nunavut que ça pourrait être une façon pour eux de former des employés à la manipulation d’artéfacts et à l’entrée de données », mentionne Charles Arnold, qui attend toujours une réponse du gouvernement voisin.

Le musée prévoit envoyer au cours des prochaines années des pièces au Nunavut pour que le territoire puisse monter des expositions avec ses propres collections. Le directeur veut également préparer des expositions sur ces collections de l’Arctique de l’Est avant que celles-ci ne soient transférées.