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le Vendredi 4 octobre 2002 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:35 Divers

Et Tarzan est heureux!

Et Tarzan est heureux!
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Comme tout un chacun, vous devez avoir dans votre vie, des objets, si petits soient-ils qui créent chez vous un sentiment de bien-être et de paix! De quoi parle-t-elle, vous direz-vous. Je parle d’un objet genre couverture, genre ourson ou doudou chez l’enfant, qui peut se traduire par différentes choses chez l’adulte. À vous de trouver ce que ça peut-être!

Ainsi, dès son jeune âge, on se rend compte que chez l’enfant, ce genre d’objet peut le calmer et lui procurer un sentiment de bien-être et de sécurité. Cet objet doit (je n’ai pas fait d’études là-dessus et je pourrais trouver une réponse scientifique, mais je préfère y aller de mes élucubrations sur la chose) être la représentation concrète de la mère, de la bouffe, de la chaleur, du cocon et autres choses de même acabit. Je déraille, je ne crois pas. Ainsi, à voir un jeune enfant qui constamment traîne une vieille couverture affadie et usée à la corde, on a l’impression qu’il se promène avec un trésor inestimable et, c’est vrai que c’est bien de ça qu’il s’agit pour lui. L’enfant qui, au début de la garderie, est sans trop de repères familiers pour lui, s’accrochera à un ourson ou à un petit objet qui lui procurera une certaine stabilité et sécurité, jusqu’à ce qu’il se familiarise avec les gens et les lieux.

Je vais vous en apprendre une bonne! Les adultes aussi sont comme ça. Ils se traînent des objets pour les rassurer. Ainsi, dans bien des cas, chez les fumeurs, on verra que la cigarette représente cet objet qui calme et rassure en attendant l’arrivée d’une personne familière. Vous voyez quelqu’un arriver dans un resto ou un bar, seule. Même si elle connaît l’endroit, elle éprouve un certain sentiment d’instabilité. Vitement, elle s’allume une cigarette et, temporairement, l’instabilité cède la place à un sentiment temporaire d’assurance précaire. La personne se cale un peu plus dans son siège et attend l’autre avec un peu plus de calme. L’objet a rassuré. Momentanément, l’objet a servi de toutou, de nounours, de doudou, appelez ça comme vous voulez. Mais je ne veux pas m’en tenir à la cigarette comme objet, car on sait si bien la complexité du tabac, et entrent en ligne de compte bien plus d’éléments que je ne saurais le dire dans cet exemple. Cela fera l’objet d’une autre chronique.

Bref, l’objet familier et apaisant n’est pas que le fait de l’enfant. Ainsi, chez le voyageur, cet objet n’est pas unique. Souvent, le voyageur transporte avec lui une certaine quantité de petits objets qui lui rappellent sa patrie ou autre chose uniquement connue de lui. Un ou des exemples. J’y arrive. Ainsi, souvent on voit des gens traîner dans leur poche ou tout près leur baume pour les lèvres et, si vous observez bien, le petit tube ne représente pas seulement un calmant pour des lèvres gercées et sèches, mais vous retrouvez là le toutou. Je charrie, à votre avis, Pas tant que ça. Autre exemple. Ainsi, le voyageur transporte dans son bagage la vieille jaquette ou le vieux t-shirt qu’il aurait dû jeter depuis belle lurette, mais qui lui sert non seulement de vêtement de nuit mais surtout qui lui rappelle son lit bien douillet, à la maison, qui lui rappelle chaleur et sécurité. Ce vieux morceau de vêtement le suivra partout dans son périple. Si le voyageur doit se délester de quelque bagage encombrant, vous pouvez être assuré que cette guenille trouvera toujours grâce à ses yeux.

Et que dire de la casquette lette et sale qui suit bon nombre de personnes (surtout de la gent masculine, disons-le) dans tous leurs déplacements, au dépens des bases mêmes de l’étiquette la moins rigide. Oui, cet objet déformé, repoussant et abject représente la sécurité de la personne qui l’arbore (porter avec ostentation – je vous laisse chercher ostentation, quand même) avec la fierté d’un paon ayant trouvé son âme sœur. J’exagère? À peine! Regardez le tout sous un autre angle, et vous remarquerez quels sont les objets qui servent de toutou. Des fois, il faut y regarder à deux fois, mais le jeu en vaut la chandelle.

En résumé, et pour justifier le titre de ma chronique, que ce soit le bébé avec son nounours, le voyageur avec son baume à lèvres ou l’autre avec sa casquette, chacun éprouve un tel sentiment de bien-être ou de sécurité avec son objet qu’il est heureux, tout comme Tarzan sur sa liane, avec sa Jane pendue au cou.

De la foutaise tout ça, direz-vous d’un œil goguenard et dubitatif. Je n’en suis pas si certaine et je vous laisse penser à tout ça. Et puis, il faut bien s’amuser dans la vie! Allez, pensez à votre objet, et organisez-vous pour ne pas avoir à le chercher lors de votre prochain voyage. Pis votre casquette sale, de grâce, au lavage une fois pour toutes!