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le Vendredi 16 août 2002 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:35 Divers

Jeux de la Francophonie Participer ou gagner ?

Jeux de la Francophonie Participer ou gagner ?
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Les Jeux de la Francophonie canadienne ne sont pas qu’un rendez-vous sportif et artistique. Pour plusieurs jeunes, c’est un premier contact avec la francophonie.

Les 37 jeunes de la délégation des Territoires du Nord-Ouest sont rentrés de Rivière-du-Loup satisfaits après la deuxième édition de ces Jeux qui se sont tenu du 1er au 5 août 2002. La récolte de deux médailles en natation, les premières des T.N.-O. depuis la création de ces Jeux, n’est pas étrangère à cette fierté. Cette discipline n’a été présentée toutefois qu’en démonstration lors de cette édition. Qu’à cela ne tienne, pour les athlètes, comme Derrick Kocik, l’un des médaillés, ces décorations ne sont pas du toc.

Le plus grand exploit aura tout de même été l’adaptation à un environnement entièrement francophone ce qui, pour ces jeunes à majorité francophile, constitue un bain de culture particulier. Lors de la première édition des Jeux, en 1999 à Memramcook au Nouveau-Brunswick, le français a joué du coude avec l’anglais dans cette province bilingue. Cette année, Rivière-du-Loup a offert un terrain unilingue français et un défi aux délégations hors Québec. « On doit lever notre chapeau aux jeunes des T.N.-O. On avait plusieurs francophiles et tout au long des Jeux, ils ont fait de grands efforts pour parler français », a mentionné le porte-parole de la délégation, Simon Bérubé.

À l’analyse des résultats, il est facile de questionner la validité des récompenses de ces Jeux, qui, selon les communiqués de presse, visent avant tout à promouvoir la vivacité de la francophonie canadienne. Dans la discipline du saut en longueur, chez les hommes, la meilleure performance a été de 6 mètres 19. Le dernier résultat au classement a été de 3 m 23. Pour Derrick Kocik, cet écart s’explique par l’entraînement des joueurs, qui n’ont pas tous accès aux mêmes installations sportives. Pour le nageur, qui est soutenu par un entraîneur particulier au cours de son année scolaire qu’il passe en Ontario dans une école privée, les jeunes d’ici n’ont pratiquement pas pu améliorer leurs performances avant les Jeux. Les jeunes athlètes de l’est du pays ont parfois eu, selon Kocik, le double du temps alloué à l’entraînement avant les compétitions. L’athlète estime que plus il y aura de jeunes francophones et francophiles aux T.N.-O., plus la délégation pourra compter sur les meilleurs.

Reste à savoir si le but de ces compétitions est la performance ou la participation. Les disciplines culturelles et artistiques sont jugées sur l’appréciation esthétique d’un jury, contrairement aux disciplines sportives aux résultats calculés au chiffre près. Pour Simon Bérubé, les athlètes sont satisfaits car ils ont atteint leurs propres objectifs. «On savait que les espoirs de médailles étaient minces. Les jeunes se sont donc fixés des objectifs personnels, soit améliorer les résultats de Memramcook, soit faire un minimum de points. Ils sont contents puisque la plupart ont atteint les objectifs visés. »