le Mercredi 6 mai 2026
le Vendredi 2 février 2001 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:35 Société

Parlons Zizique ! Soyons « Cultureux »

Parlons Zizique ! Soyons « Cultureux »
00:00 00:00

J’ai choisi de vous parler d’un artiste peu conformiste dans le paysage de la chanson québécoise. J’ai nommé Urbain Desbois. Non, ce n’est pas un groupe, mais bien un individu (nom d’artiste, bien sûr !) qui a lancé son premier album « Ma maison travaille plus que moi », il y a presque un an.

Son disque a traîné sur mon bureau pendant quelque temps, dans une pile de nouveaux disques achetés lors de mon dernier voyage à Montréal. Après l’avoir écouté rapidement, il a tout bonnement rejoint la pile, ne m’ayant pas laissé une bonne impression avec sa sonorité un peu triste. J’ai eu l’occasion de le redécouvrir lors d’une entrevue à la radio. Il gagne à être connu ce Robin des bois de la chanson. Ma curiosité a été piquée parce que j’ai découvert un personnage sympathique qui relève plus de l’artisan que du chanteur, un conteur de tous les jours, simple avec un humour particulier. C’est un petit travailleur patient qui fait de l’art à l’insu de la machine médiatique, qui reste du même coup inconnu du public. Urbain Desbois m’a donné l’impression d’être l’un de ces artistes qui pratiquent leur art, sans se préoccuper de leur popularité.

Il a bien choisi son nom, ce poète qui roule à contre courant de l’industrie musicale. Cet étrange produit m’a séduite par son caractère distinct et inclassable. Ses textes inusités semblent tirés d’un journal personnel décousu, accompagnés d’une musique très sobre, sans vernis, mais d’une efficacité déroutante qui nous transporte dans des atmosphères feutrées et floues.

La grande qualité de l’album, c’est de nous faire croire à un discours naïf en nous racontant de petites histoires sur une musique de fête foraine cynique, tout en laissant une impression indélébile. En l’écoutant, vous commencerez à chercher, à identifier comment il vous touche, à trouver d’autres significations aux propos simples de cet hurluberlu de chanteur. C’est à ce moment-là qu’il aura gagné, qu’il vous aura séduit, et influencé. Peut-être parce qu’il dit les choses simplement, en nous faisant sentir toute la portée des mots, aussi naïfs soient-ils.

Je vous invite donc à découvrir ce poète urbain qui a choisi de faire de l’art sans se conformer au milieu, au risque d’être marginalisé. C’est un album qui vous surprendra si vous aimez les chemins de traverses. « Point à la ligne, point sur les hanches » – Urbain Desbois