le Vendredi 6 février 2026
le Vendredi 24 novembre 2000 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:35 Divers

Petites nouvelles d’ailleurs

Petites nouvelles d’ailleurs
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Ce sont les dernières petites nouvelles d’ailleurs que je vous fais parvenir. Les prochaines petites nouvelles proviendront du Nord, même si dans ma tête, je ne serai pas vraiment revenue.

J’aurais des milliers de petites choses à vous raconter, le genre de petites choses de la vie quotidienne qui font que la vie est tellement différente ailleurs, tout en étant pareille pour l’essentiel. La vie ne se résume-t-elle pas à quelques gestes quotidiens qui, prenant des formes différentes, transforment la vie du tout au tout.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Une chose qui est assez compliquée ici est la façon dont les gens nomment leurs enfants. Il y a quatre noms qui se résument à la même signification : l’aîné, le second, le troisième et le cadet. Le système d’attribution des noms est le même pour les hommes et les femmes. Qu’arrive-t-il si un cinquième enfant se présente? Très simple : on recommence la même séquence une deuxième et une troisième fois, au besoin. Donc, pour résumer un peu et pour vous simplifier la vie, disons que vous entrez dans un restaurant et que vous appelez la personne qui sert Putu (l’un des quatre noms), vous avez une chance sur quatre de ne pas vous tromper et de vous faire des amis sur-le-champ.

La complexité des soins médicaux

L’autre jour, pour la première fois depuis que je voyage, j’ai eu un sérieux besoin d’un médecin. En effet, un cocktail dangereux s’était formé dans mon système : mon sang était aussi clair que de l’eau. Deux responsables de cet état de fait : la différence de température entre le Nord et le Sud (le sang est plus épais au Nord et vraiment plus clair dans le Sud), et le fait que je prenais des aspirines pour mettre un terme à un rhume pernicieux qui me collait à la peau. Comme vous le savez, l’aspirine éclaircit le sang. Je le savais, pas à ce point. Bref, pour vous amener au c¦ur du sujet, je me mouchais à qui mieux mieux pour tenter de mieux respirer. Vl’à qu’un vaisseau sanguin du nez pète et ça commence. Au bout d’une demi-heure, les saignements se calment un peuŠpour mieux se préparer à couler de plus belle. Je saigne comme un b¦uf : le papier toilette, les kleenex, les linges, tout y passe. Un ami vient avec moi à une clinique voisine. Ils ont presque peur en me voyant rentrer. La panique commence à s’emparer de moi. Plus je panique, plus mon c¦ur bat vite, plus le sang pisse et pisse, à en faire peur. Peu à peu, une évidence s’impose : je dois aller chez un médecin. Le taxi tarde à se présenter. Le sang continue à gicler et ma panique va grandissant. Enfin, le taxi se pointe. On part à cinq personnes : quatre personnes m’accompagnent dans une clinique diteŠà standards australiens. On est accueillis à bras ouverts par les préposés de la clinique. Dans les cliniques aux standardsŠaustraliensŠon ne crache pas sur l’argentŠOn ne veut rien savoir des assurances : vous devez payer sur place et ensuite réclamer auprès de vos assurances. Ainsi va la vie. Trop compliqué de réclamer pour eux. Mieux vous laisser le trouble. Mettez-vous à leur place. Bref, après deux heures où on tente de faire baisser ma tension artérielle (débridée) et d’arrêter les saignements, je réussis à avoir mon congé. Une grande recommandation me fait frémir : la femme médecin me prévient : absolument pas de cigarettes pendant trois jours, car les vaisseaux vont encore dilater et risquent d’éclater de nouveau. Je me dis : bah, je vais m’essayer quand même. Mais croyez-vous que j’ai essayé? Eh bien non! J’ai tellement eu peur, que j’ai obéi comme une enfant que j’étais devenue. Et au bout de trois jours, je me suis dit : Et si j’essayais! Et voilà ce que j’ai fait et que je fais toujours, dix jours après mon accident qui aura eu pour moi des séquelles positivesŠenfin jusqu’à aujourd’hui.

Oui, je mange des bonbons sans sucre, je prends de longues marches, je passe des heures dans l’eau. Tous les moyens sont bons. Mais Bali aura eu raison de mon habitude pernicieuse. Je ne crois pas qu’il faille venir si loin pour se désintoxiquer de la cigarette, mais il semble que pour moi, c’est ce qui a marché. Et là-dessus, je dois vous quitter, car une envie soudaine vient de me prendre et je dois aller marcher sur la plage, vite, vite, sinon…

Je vous reviens du Nord la semaine prochaine. Noël approche à grands pas, tout comme moi, d’ailleurs. Je déraille? Vous avez bien raison. C’est le manque de nicotine.
genevharvey@yahoo.com