le Mercredi 6 mai 2026
le Vendredi 5 mai 2000 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:35 Éditorial

Passe pas dans ma cour ! Éditorial

Passe pas dans ma cour ! Éditorial
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Le litige opposant les deux principales nations dénées de la région quant à leur territoire respectif remet à nouveau en lumière la fameuse contradiction pour les Autochtones entre les coutumes ancestrales et la vie moderne.

Il s’agit du même genre de litige ayant opposé les Chipewans et les Inuits lors de l’établissement d’une frontière entre le Nunavut et les Territoires de l’Ouest. Lorsque ces peuples étaient plus nomades, il n’était pas rare que leur trajet se croise sur un même territoire au gré des saisons et des migrations de la faune.

Comment déterminer une frontière bien définie alors que, traditionnellement, chacun de ces peuples se côtoyaient, suivant souvent la migration des mêmes troupeaux de caribous ? Mais voilà que des diamants sont découverts dans une région bien précise et chacun aimerait bénéficier exclusivement des retombées économiques de l’exploitation de cette richesse naturelle.

Les Européens, ces grands explorateurs, aimaient bien tracer des cartes et définir des frontières. En général, le Canada aime aussi les frontières bien précises. Malheureusement, il semble que ce concept est en contradiction avec les traditions nomades autochtones. Des millénaires de vie côte-à-côte plus ou moins dans l’harmonie ne doivent pas être rejeté du revers de la main. Il faudra peut-être trouver une solution de compromis. Un peu comme deux ensembles se croisent pour former une intersection, il faudra peut-être définir un territoire commun à ces deux peuples, territoire qui serait géré conjointement. Il suffirait peut-être d’accorder à chacune des Premières nations en présence un droit de véto sur tous les aspects communs de façon à préserver une certaine autonomie.