Lorsquon parle du bogue du millénaire et de ses possibles répercussions sur les citoyens, les scénarios les plus incroyables et cauchemardesques sont évoqués : des avions hors contrôle qui sécrasent, des pannes délectricité généralisées et des systèmes téléphoniques qui ne fonctionnent plus.
En novembre 1998, un comité regroupant des interlocuteurs du gouvernement fédéral, du gouvernement territorial, des municipalités et aussi de grandes entreprises de services a été formé pour justement soccuper de cette transition vers lan 2000. Il sagit du Comité dintervention durgence des Territoires du Nord-Ouest (CIUTNO).
Pour le major Yves Laroche des Forces armées canadiennes, il semble assuré que suffisamment defforts de prévention ont été fait au cours des derniers mois pour prévenir toute conséquence fâcheuse au 1er janvier 2000. Il est un participant du CIUTNO et est aussi le coordonateur à la planification An 2000 des trois territoires du Nord pour les Forces armées canadiennes. " Le Nord est différent du reste du Canada ", explique le major Laroche. Non seulement le niveau de population y est plus faible, mais il note également que plusieurs citoyens du Nord sont souvent plus habitués de vivre dans des conditions plus difficiles.
La Société dÉnergie des T.N.-O., Northland Utilities et Northwestel sont de grandes entreprises des T.N.-O. qui ont participé au Comité dintervention durgence. Leur rôle prédominant dans les secteurs des communications et de production délectricité explique cette attention toute particulière qui leur est portée par le CIUTNO. Ces grandes compagnies, ainsi que les gouvernements, ont suivi un processus précis pour satisfaire au besoin du Comité. Ils devaient dabord faire un inventaire de tous leurs systèmes qui pouvaient potentiellement être affectés par le passage à lan 2000. Létape suivante consistait à prendre les mesures correctrices pertinentes afin de remédier au problème soit au niveau des logiciels que du matériel informatique en cause. Malgré ce processus, le comité a établi un Plan de contingence qui permettra de parer à toute éventualité. Ce plan, a indiqué le major Laroche, établit trois niveaux durgence reposant principalement sur la portée des défaillances : municipal, régional et territorial. Normalement, lOrganisation des interventions durgences serait appelée à agir dabord dans les situations les plus globales et généralisées puis en redescendant vers le niveau local.
Une téléconférence de 12 heures des membres du CIUTNO est prévue du 31 décembre 1999 au 1er janvier 2000.
Le major Laroche possède une bonne expérience en matière dintervention durgence. En effet, en 1997 il a participé à lintervention des Forces armées canadiennes au Manitoba lors des inondations printanières puis à celle de janvier 1998 pour appuyer les sinistrés de la tempête de verglas. Lintervention des Forces armées sera cependant plus limitée. En effet, il ny a pas dunités des forces armées déployées dans le Nord, le personnel disponible est donc restreint; leffectif total compte environ 120 réguliers, réservistes et civils. Par contre, indique le major Laroche, les patrouilles de Rangers dans les petites communautés pourraient venir en aide à la population locale.
Malgré toutes ces préparations en vertu dun scénario du pire, Yves Laroche est convaicu que les effets seront minimes. La plus grande crainte du major est que certains problèmes doccurrence normale ( une panne délectricité, par exemple )puissent être attribué au passage à lan 2000.