Pour Piotr Ilitch Tchaïkovsky, rencontrer Nikolaï Zareba est l’évènement qui ravive sa passion pour la composition écrite de la musique classique. Zareba était professeur, invité par la Société musicale russe de Saint-Pétersbourg pour donner des conférences sur l’écriture de compositions musicales dans la tradition de la musique classique. C’est dans cette discipline qu’il se forme, au Conservatoire de Berlin, sous la tutelle de Hans Von Bülow, en maitrisant la technique du contrepoint, dont la figure de proue est Jean-Sébastien Bach.
À ces techniques se joignent d’autres méthodes pour intégrer les mélodies, les harmonies et les timbres des instruments d’orchestres pour créer les formes musicales connues de cette période, dont les Symphonies et les opéras sont les plus complexes.
Zareba se lie d’amitié avec Anton Rubinstein, directeur du Conservatoire de musique de Saint-Pétersbourg, crée en 1861. En 1863, Tchaïkovsky démissionne de son travail de fonctionnaire et devient étudiant à temps plein du conservatoire, sous l’enseignement de Zareba et de Rubinstein.
Trois grands facteurs influencent ses compositions. D’abord la population de la Russie impériale prend un tournant sociétal important depuis l’annonce de l’annulation du servage, dicté par le Tsar Alexandre II en 1861. Ce changement de la structure sociale russe renforce la propagation d’une idéologie nationaliste, avec une mise en valeur des traditions populaires.
Les deuxième et troisième facteurs concernent directement l’évolution de la musique classique. Il y a d’abord l’émergence de l’école libre créée par Mili Balakirev, puis le Groupe de Cinq, ce qui renforce la créativité des artistes cherchant à se détacher des méthodes d’écriture des écoles classiques européennes. La forme musicale caractéristique de cet effort créatif est le poème symphonique, ce qui crée une tension créative avec le Groupe de Cinq, appuyé par le Conservatoire de Saint-Pétersbourg dont Zareba et Rubinstein sont les agents principaux. Piotr Ilitch Tchaïkovsky commence à composer de l’intérieur du Conservatoire de Saint-Pétersbourg, toute en gardant une bonne relation avec Balakirev et Alexandre Borodine.
Entre 1867 et 1868, Tchaïkovsky compose Scherzo à la russe, Souvenir de Hapsal, des pièces pour piano, dont son premier opéra Voyevoda, se déroule en trois actes.