Le théâtre Mariinsky est inauguré en 1860 pour accueillir le corps d’acteurs d’opéra de la troupe impériale de Saint-Pétersbourg. Le corps de danseurs, quant à lui, avait comme objectif de préparer des danses courtes, présentées entre les actes des pièces, des drames et des comédies. Les acteurs n’avaient pas les mêmes exigences que les danseurs, qui faisaient partie du corps du théâtre Bolchoï Kemeny.
Quant à la musique composée pour le théâtre Mariinsky, il s’agissait plutôt de musique de scène.
Ainsi, Cesare Pugni devient compositeur pour le Mariinsky.
L’ouverture du Mariinsky est suivie, en 1861, par l’abolition du servage au sein des territoires de l’Empire russe.
En 1862, renforcé par la nouvelle idéologie nationaliste, le premier Conservatoire de musique de la région slave est inauguré à Saint-Pétersbourg, avec Anton Rubinstein à la direction. Rubinstein engage alors Cesare Pugni comme professeur de techniques de composition musicale, un poste que Puni tiendra jusqu’à son décès en 1870.
Parmi les plus de 320 compositions que Cesare Pugni produit de son vivant, on retiendra notamment autour de 24 musiques de ballet pour plusieurs chorégraphes.
La plupart de ces compositions ont été faites pour Jules Perrot. À la suite du retour de ce dernier à Paris, Pugni compose principalement pour Marius Petipa, une chorégraphe avec qui il produit un autre ballet emblématique du romantisme : La fille du pharaon.
La fille du pharaon est un des plus importants ballets du romantisme, composé par Pugni sur un livret écrit par Marius Petipa et Jules-Henry Vernoy, et présenté au Théâtre Bolchoï Kamenny à Saint-Pétersbourg, en janvier 1862.
Il s’agit d’une œuvre que l’on affilie à la suite symphonique Shéhérazade, de Nikolai Rimski-Korsakov, ainsi qu’au poème symphonique Dans les steppes de l’Asie centrale, d’Alexander Borodine.
Les danses qui suivront sont narrativement structurées autour de l’aventure nocturne de l’explorateur Lord Wilson, qui arrive aux pyramides d’Égypte, dont une est le tombeau de la fille du pharaon : Aspicia. Pendant la nuit, dans un rêve, Wilson voit émerger de sa tombe à Aspicia. Il s’éprend d’elle, devient Ta-Hor, un héros égyptien, et sauve Aspicia alors attaquée par un lion. Les protagonistes, alors amoureux, décident de s’échapper du royaume ensemble.