La communauté de Sambaa K’e a reçu l’ordre d’évacuer : un imposant feu de forêt fait rage à moins de 30 km de celle-ci.
Pas de répit avec les feux de forêt aux TNO : la centaine d’habitants de la communauté de Sambaa K’e a reçu l’ordre d’évacuer le mercredi 31 mai. Un incendie, qui couvrait alors 1200 km2, n’était plus qu’à 30 km de celle-ci.
Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a publié l’ordre d’évacuation, émis au nom de la Première Nation, sur sa page Facebook vers 15 h 30.
Environ 25 personnes, incluant huit pompiers forestiers, étaient mobilisées à Sambaa K’e, notamment pour établir un périmètre de sécurité contre le feu qui s’approche. C’est une course contre la montre : les vents au cours des deux prochains jours le pousseront vers la communauté. Les équipes sur le terrain s’affairaient à élargir la ligne coupe-feu qui était de 40 mètres de large.
L’incendie, provoqué par la foudre le 13 mai et hors de contrôle, avait déjà brulé, 18 jours plus tard, une superficie de plus de 1200 km2, dont 500 km2 aux Territoires du Nord-Ouest et 700 km2 en Colombie-Britannique, selon les données disponibles sur le site Fire Information for Resource Management System de la Nasa.
Les Services de lutte contre les feux de forêt ont annoncé mercredi après-midi que toutes les infrastructures critiques de Sambaa K’e ont été protégées par un système d’arrosage. Les équipes œuvraient également à protéger des structures individuelles, des maisons, et d’autres biens situés sur le chemin de l’incendie à l’extérieur de la communauté.
Médias ténois a tenté de joindre l’administration de la Première Nation de Sambaa K’e. Au bout du fil, on a dit être trop occupé à se préparer pour l’incendie pour parler aux médias.
Les autorités ténoises avaient indiqué, lors d’une conférence de presse le 4 mai, s’attendre à une saison « extrême » d’incendies de forêt. « Nos prévisions saisonnières prévoyaient un début de saison de feux de forêt précoce, car nous savions que le printemps serait très sec, rappelle Mike Westwick, agent d’information sur les feux de forêt au ministère Environnement et Changement climatique des TNO. Nous nous attendions à ce que la saison soit très active et c’est le cas : le début de la saison des incendies en 2023 est extraordinairement chargé ! »
Répit à Hay River
L’incendie de forêt à l’est de la rivière Hay, qui a brulé 32 km2 dans la réserve de la Première Nation Kátl’odeeche, a été contenu le 25 mai, soit onze jours après son déclenchement. C’est aussi la date à laquelle l’ordre d’évacuation pour les 3800 habitants de Hay River est passé à une alerte, permettant à ceux-ci de rentrer chez eux.
Le feu a cependant détruit une quinzaine de bâtiments sur la réserve ; les quelque 340 habitants de celle-ci n’ont pas encore eu l’autorisation de rentrer. Médias ténois n’a pas réussi à joindre la cheffe de la Première Nation Kátl’odeeche, April Martel. Dans un article de CBC, celle qui a pu se rendre sur le site de l’incendie s’est dite très émue par la destruction qu’elle a observée. Elle a annoncé que 18 familles avaient perdu leur domicile et que cinq autres bâtiments importants de la Première Nation ont été détruits, dont les bureaux administratifs du conseil de bande.
Pendant l’évacuation, près de 2000 personnes de Hay River et de la réserve de la Première Nation Kátl’odeeche s’étaient enregistrées au multiplex de Yellowknife, le centre officiel d’évacuation, mais d’autres personnes s’étaient réfugiées ailleurs, comme à Enterprise, Fort Providence, Fort Simpson ou Fort Smith.
Médias ténois s’était entretenu avec certains évacués de Hay River : tous ont regagné leur domicile. Harvey Moses, 30 ans, est rentré le 29 mai gratuitement sur les ailes d’Air Tindi, après plusieurs jours passés au Multiplex. Heureux d’être de retour, il a partagé avec Médias ténois que « tout allait bien » et « qu’on ne sentait que peu la fumée ». Christine Sivret, enseignante à l’école Boréale, a affirmé que « ça fait vraiment du bien de revenir chez soi et de dormir dans son lit ! Les pompiers ont fait de l’excellent travail et pour l’instant la situation est stable. »
Par définition, un feu est contenu lorsque sa propagation est arrêtée temporairement en considérant les ressources planifiées et les conditions sur le terrain. Si celui-ci est circonscrit, il n’est pas pour autant maitrisé et la vigilance reste de mise. Au plus fort des activités pour le combattre, 150 personnes étaient sur place. « Il en reste un peu moins d’une centaine », affirme Mike Westwick. Vingt-cinq pompiers de la Nouvelle-Écosse ont d’ailleurs dû quitter récemment pour aller combattre les feux dans leur province.
Les efforts sur le terrain se poursuivent pour s’assurer que le feu sur la réserve ne se propage pas davantage et maintient son statut.
Il y a 34 équipes de pompiers aux TNO et chacune compte quatre membres, totalisant ainsi 136 pompiers. Ces derniers sont soutenus par une centaine de personnes qui participent activement aux opérations quotidiennes de lutte contre les incendies. Les TNO comptent aussi une réserve d’environ 200 autres pompiers qui peuvent être mobilisés au besoin.