Au cœur du romantisme, le ballet prend une place aussi prestigieuse que l’opéra. Alors que l’opéra fonde sa structure sur des textes littéraires, sur des pièces orchestrales et sur des chansons, le ballet fonde la sienne sur des textes littéraires, sur des pièces orchestrales et sur des danses.
La Sylphide et Giselle sont les premières œuvres qui nécessitent la coopération de trois créateurs : le librettiste, qui écrit l’argument narratif d’une œuvre en puisant dans les mythes ou dans les épisodes historiques écrits par des poètes ; le compositeur de la musique, qui écrit les lignes mélodiques, harmoniques et instrumentales ; et le chorégraphe, qui compose la structure et le dynamisme de la danse.
Les premiers chorégraphes qui élaborent les séquences des danses, du début à la fin d’un ballet, comme une œuvre complète, sont Filippo Taglioni pour la Sylphide, ainsi que Jean Coralli, avec Jules Perrot pour Giselle.
Giselle ou les Willis est le ballet dont le livret est écrit par Jules-Henri Vernoy et Théophile Gautier, s’inspirant d’un mythe germanique écrit par le poète allemand Heinrich Heine, qui est, avec Victor Hugo, Alexander Pouchkine, et Johan Wolfgang Goethe, un des plus importants poèts du romantisme. La source mythologique de cette œuvre se trouve dans les peuples germaniques où les Willis sont des esprits de filles morts avant leurs noces, à cause des trahisons de leurs fiancés. Elles se réveillent au clair de lune, remplies de haine et trouvent des hommes dans la forêt. Après les avoir séduits, elles les font danser jusqu’à ce qu’ils tombent, morts.
Dans le premier acte de l’œuvre, Giselle est une paysanne qui habite un village de la Rhénanie, et qui tombe amoureuse du duc Albrecht, ce dernier la courtisant malgré son engagement de mariage avec Bathilde, fille du duc de Courlande.
Hilarion, un habitant du village, est lui aussi amoureux de Giselle, et voit en Albrecht un tricheur. Le prétendant de la paysanne décide de démasquer le duc lors d’une fête village où Bathilde, la fiancée d’Albrecht, se lie d’amitié avec Giselle.
Ainsi, pour éviter d’être exposé, Albrecht se cache. Lorsque Bathilde et ses amis s’en vont, Albrecht refait surface. Hilarion, qui avait vu la tricherie du duc, prend la corne de ce dernier et en joue pour appeler Bathilde, qui revient à la fête et expose son futur mariage avec Albrecht. Giselle devient alors inconsolable et se met à danser, encore et encore, jusqu’à s’effondrer et mourir dans les bras de Albrecht. Le premier acte de la pièce Giselle se termine par ce passage.