Entre 1856 et 1858, la rencontre d’Alexandre Dargomyjski, d’Alexandre Borodine et de Mili Balakirev a une grande signification pour la carrière musicale de Modeste Moussorgski. Cet évènement le pousse à démissionner de sa carrière militaire et à se dévouer à la musique, lui qui avait déjà dans son répertoire des compositions originales pour piano telles que L’heure joyeuse, dis-moi pourquoi, belle jeune fille, tu désires mon cœur et Souvenir d’enfance. À la suite de cette rencontre, les trois vétérans de la musique lui apportent leur soutien et l’encouragent à composer selon son style personnel.
Mili Balakirev devient alors son premier mentor pour tout ce qui relève de la composition et de l’orchestration. Il présentera Modeste à Rimski-Korsakov, qui, à cette période, était devenu professeur de composition au Conservatoire de musique de Saint-Pétersbourg.
En 1859, le jeune Moussorgski entreprend un voyage vers Moscou, pour y visiter des lieux historiques, des théâtres et des centres artistiques. Ce voyage fait émerger en lui l’envie de traduire en musique des épisodes historiques et traditionnels, accompagnés de paroles tirées des plus importants écrivains de tradition slave.
À son retour à Saint Petersburg, Modeste Moussorgski intègre le Groupe de Cinq, véritable matrice du romantisme slave qui place les émotions des compositeurs en premier plan.
Cette union de musicien précède de quelques mois la grande réforme sociale en Russie : l’annulation du servage, en 1861. Cette réforme libère du servage plus de 60 % de la population encore en soumise à la volonté des propriétaires fonciers.
Fasciné par les contes, Modeste voyage à Kiev, en 1866, et décide de visiter le mont Lysa Hora – aussi appelé le mont Chauve – car, selon la tradition locale, c’est là que se réunissaient des sorcières durant les nuits de Sabbat.
Le musicien avait alors déjà lu le conte de Nicolas Gogol, La nuit de la Saint-Jean, qui raconte une version d’une réunion entre des sorcières et Satan. Inspiré par ce folklore, Modeste Moussorgski compose sa première œuvre majeure : Une nuit sur le mont Chauve.