Après le succès de leurs prestations à Birmingham et à Glasgow, Johann Strauss et son orchestre retournent à Vienne en 1839, il continue à composer et diriger son orchestre en partageant le podium de l’excellence avec Josef Lanner. Lanner succombera plus tard à la fièvre typhoïde et Strauss dirigera la musique d’adieu à son ami compositeur.
En 1835, Johann fait la rencontre d’Émile Trampusch, modiste de métier qui devient sa maitresse. Il lui rend souvent visite à Vienne, en même temps qu’à sa famille avec son épouse légitime, Anna Streim. Il est difficile de savoir si Anna était au fait de l’infidélité de son mari, mais alors que ce dernier possède six enfants avec son épouse, il en a huit avec sa maitresse. C’est en 1844 qu’Anna obtient leur divorce et prend en charge l’éducation de leurs enfants. Alors qu’elle soutient ses deux filles, elle encourage ses fils – le jeune Johann Strauss II, âgé de 19 ans, Josef, âgé de 17 ans et Edward, âgé de neuf ans – à poursuivre des études en musique, précisément ce que Johann Strauss I ne voulait pas.
Au printemps de 1848, Vienne fait partie des villes dans lesquelles éclatent de nombreux soulèvements et manifestations indépendantistes, nationalistes et antimonarchistes. Depuis la restauration de la monarchie en France avec Louis XIII (comme roi de la monarchie constitutionnelle de France), et de la formation de la Sainte-Alliance (entre l’empire d’Autriche, le royaume de Prusse et l’empire russe dans le Congrès au Vienne en 1814), suivi par les congrès de Troppau et de Laybach, les monarchies avaient le droit d’intervention militaire lorsque des rébellions intérieures menaçaient la paix. Cela s’est produit quelques années plus tôt, en 1830, lors des soulèvements en France, en Grèce, en Belgique et en Pologne. En 1848, le nombre de territoires qui bascule vers la révolte augmente. Parmi eux se trouvent les états allemands et italiens qui se trouvent sous l’empire d’Autriche.
Dans le contexte de la bataille de Custoza – gagnée par les forces de l’empire d’Autriche sur les forces rebelles italiennes de Piedmont – l’empereur Ferdinand demande à Johann Strauss de composer une marche en l’honneur du Maréchal Joseph Radetzky von Radez, commandant des forces victorieuses.
Cette marche devient alors le chef-d’œuvre de Strauss et une des pièces les plus représentatives des fondements philosophiques de la représentation des émotions dans la musique classique au romantisme.