2021.12.03
Le gouvernement ténois a dû se défendre sur plusieurs fronts après avoir annoncé réduire les services obstétriques à l’Hôpital territorial Stanton, à cause d’un manque de personnel infirmier.
Les Ténois ont appris le 22 novembre 2021 que les services de travail et d’accouchement seront réduits à un service d’urgence seulement à l’Hôpital territorial Stanton, du 10 décembre au 21 février 2022. Quelque 90 femmes des Territoires du Nord-Ouest et une trentaine du Nunavut doivent ainsi se rendre à Edmonton avant ou pendant leur 37e semaine de grossesse et y passer entre trois et cinq semaines.
Peu après l’annonce, des voix se sont élevées pour dénoncer les conditions de travail des infirmières et le fait que les quatre postes de sagefemmes prévus pour Yellowknife étaient toujours vacants. Selon la présidente de l’Association de sagefemmes des Territoires du Nord-Ouest, Heather Heinrichs, si ces postes avaient été pourvus, ça « aurait contribué à renforcer les services existants ». La ministre de la Santé, Julie Green, est d’avis que ça n’aurait rien changé.
Cette réduction de service s’avèrera très couteuse aux contribuables. Selon Julie Green, il faut compter environ 12 500 $ par patiente (et son accompagnant) pour un séjour de 28 jours à Edmonton (vols et indemnités pour l’hébergement, transport et repas). Et ces frais n’incluent pas les couts des services hospitaliers en Alberta.
Voyager pour accoucher est déjà une réalité difficile pour beaucoup de femmes dans le Nord. Et cette réalité s’est imposée comme un cauchemar pour plusieurs femmes de Yellowknife et des environs de la capitale qui devaient accoucher à l’hôpital Stanton. Nombreuses ont exprimé leur grand désarroi sur les réseaux sociaux
À partir des articles de Marie-Soleil Desautels.
Commentaires de notre journaliste, Marie-Soleil Desautels :
Cette nouvelle a eu l’effet d’une bombe pour la population ténoise et a soulevé une vague de consternation. J’ai échangé avec des mamans touchées et la détresse était palpable ; j’étais empathique et bouleversée à m’imaginer vivre pareille situation. Se faire bousiller son plan de naissance ainsi est assurément cauchemardesque. Des groupes d’entraide et des collectes de fonds ont été organisés dès l’annonce, témoignant d’une grande solidarité.