Pour Franz Liszt, rencontrer Hector Berlioz en 1830, lors de la première de la Symphonie Fantastique, ravive en lui la flamme de l’inspiration qui illumine sa créativité musicale, et qui avait été mise sous silence depuis le décès de son père en 1827 (en 1833 il transcrit la Symphonie Fantastique de Berlioz pour le piano). Deux années plus tard, un autre évènement illumine le ciel culturel de Paris : Niccolo Paganini présente un concert-bénéfice pour les victimes du choléra (deuxième pandémie européenne de choléra qui tue des milliers de Parisiens entre 1831 et 1833). Paganini est l’un des meilleurs violonistes et compositeurs de l’époque, dont la dextérité et l’innovation des techniques pour jouer le violon le démarquent dans l’univers artistique. Pour Franz Liszt, Paganini devient un exemple à émuler (en 1838 il compose Six études d’exécution transcendante d’après Paganini).
L’ambiance culturelle de Paris dans les années 1830 offre à Liszt la possibilité de rencontrer plusieurs autres pianistes tels qu’Alexander Dreyschock, Sigismond Thalberg et Frédéric Chopin, avec lequel il entretient une amitié profonde et des analyses sur les techniques de piano. Il interagit aussi avec des poètes et des écrivains dans des salons littéraires. C’est dans un de ces salons qu’en 1833 il rencontre la comtesse Marie d’Agoult, écrivaine qui, en 1835, décide de quitter son époux, sans le divorcer, pour s’unir à Franz Liszt jusqu’en 1844 et avoir avec lui trois enfants. Bien qu’ils habitent en Suisse et en Italie (avec de courtes visites à Paris), c’est une période durant laquelle Franz voyage souvent dans le territoire du Royaume d’Autriche en présentant des concerts qui le rendent célèbre en Europe et auxquels assistent des auditoires passionnés et qui éveillent un mouvement d’admirateurs que plusieurs historiens qualifient de véritable Liszt-o-manie. Les principales compositions de cette période sont les cycles suivants : Années de pèlerinage (cycle de 26 pièces) et L’album d’un voyageur (cycle de 19 pièces) inspiré des paysages de la Suisse et d’Italie et par les poèmes de Byron, Pétrarque et Dante.
En 1844 Marie d’Agoult et Franz se séparent pour de bon. Marie rentre avec leurs enfants à Paris, tandis que Franz continue à voyager en présentant des concerts et en rencontrant d’autres compositeurs tels que Clara Schumann, Johannes Brahms et Richard Wagner, tout en interagissant avec eux pour promouvoir leurs compositions.