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le Jeudi 1 mars 2018 15:37 | mis à jour le 20 mars 2025 10:40 Divers

Femmes du Nord Nathalie Claing sur la piste du rêve

Femmes du Nord Nathalie Claing sur la piste du rêve
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 Nathalie Claing en rêvait depuis longtemps, et c’est le 3 mars que ça se réalise alors qu’elle devient maître-chien pour la plus légendaire course de traîneau à chiens qui soit, l’Iditarod, 1700 kilomètres (le chiffre est controversé) d’Alaska glacial entre Nome et Anchorage. Juste le début?
« Ça ferait longtemps que je ferais de la course de traîneau si ça n’avait pas été de mon anglais », dit cette professionnelle de l’administration et amoureuse du plein air arrivée aux TNO en 2014.
Mais son anglais, Nathalie l’a travaillé, amélioré, et elle a pris confiance en œuvrant comme bénévole pour le Yukon Quest. C’est là qu’elle a rencontré une musher expérimentée de 63 ans, Marcelle Fressineau, qui a écrit plusieurs livres sur le sujet, et qui l’a prise sous son aile.
Avec cette Marcelle puis avec son homonyme masculin de Yellowknife, Marcel Marin, Nathalie Claing a appris le métier de handler. « C’est la personne qui prend soin de l’équipement et des chiens, explique-t-elle. On m’a appris comment les soigner, comment les masser avant, pendant et après les courses. Habituellement, on les entraîne aussi. »

Un rôle clé
Pendant l’Iditarod, Nathalie Claing reste à Willow, à une centaine de kilomètres d’Anchorage, où elle doit se rendre pour rapporter au chenil les chiens mis de côté durant la course par Marcelle Fressineau, parce qu’ils sont blessés par exemple.
Handler, en bref, c’est un métier moins spectaculaire que musher, mais les meilleurs d’entre eux se voient remettre des prix. Car c’est néanmoins un rôle clé dans une course de chiens de traîneau. Le musher met toute sa confiance dans le handler… et les chiens aussi. C’est pour cette raison qu’à la demande de Marcelle Fressineau, Nathalie Claing a déjà rencontré les chiens pour les apprivoiser, pour qu’ils soient à l’aise lorsqu’elle leur met les harnais, les crèmes ou le manteau.
« J’ai développé une complicité avec plusieurs chiens, assure-t-elle, ils me reconnaissent déjà, ils sont comme de la famille. » Nathalie reconnait aussi les 19 chiens qu’elle entraîne, sauf deux, qui sont frère et sœur.

À vos marques
Au moment d’écrire ces lignes, Marcelle Fressineau et Nathalie Claing emmènent leurs quatorze chiens passer sous la loupe du vétérinaire. La 18e édition de l’Iditarod commence le 3 mars et finit Dieu sait quand. Le record du temps le plus court est de huit jours et quelques heures, et a été établi par Martin Buser en 2002. À l’opposé, en 1973, John Schulz a mis 32 jours à parcourir la distance entre Nome et Anchorage.
La température, la chance, la santé, tellement de facteurs entrent en ligne de compte. « 26 équipes ont participé à la dernière Yukon Quest, rappelle Nathalie Claing, mais seulement 13 l’ont terminée. Dans les montagnes, la température descend parfois à -50° Celsius, sans compter le vent. »
Des 67 mushers participant à l’Iditarod 2018, 16 sont des femmes.
Nathalie Claing déménagera cette année à Carcross, au Yukon. Elle a toujours aimé le plein air, mais cet amour a atteint une autre dimension dans le Nord, Nord qui l’a transformée, dit-elle. Qu’est-ce qui l’attend là-bas, à Carcross? Va-t-elle devenir musher?
« On m’a posé la question, avoue-t-elle en riant, et j’ai dit non, mais apparemment, tous les handlers disent non… et finissent par devenir des mushers. »
Nathalie Claing ne veut peut-être pas devenir musher… mais elle se constitue déjà une équipe de chiens, dont Kluane et Dikomo, qui viennent de Yellowknife.
« Ce sont, explique-t-elle, deux leaders expérimentés qui ont fait plein de courses. Ils vont m’aider à apprendre et à apprendre aux autres chiens. »