Lundi, comme des dizaines d’autres Ténois de toutes croyances et incroyances, je me suis rendu au Centre islamique de Yellowknife. Pour la vigile.
Au lendemain de l’attentat haineux survenu dans la ville de Québec, je trouvais important de démontrer ma sympathie envers cette communauté culturelle éprouvée. Un grand nombre de mes concitoyens ont fait de même ainsi que des élus municipaux et territoriaux.
L’imam Nazim Awan, qui nous recevait, s’est vite empressé de dire qu’il n’en attendait pas moins de Yellowknife, qu’il savait bien que la communauté apporterait son soutien. Par ailleurs, et c’est un peu étonnant dans les circonstances, à l’entrée de la très modeste mosquée de Yellowknife, ce soir-là, il n’y avait pas la moindre mesure de sécurité. Il y a certes quelque chose de rassurant à constater que nous vivons dans une communauté généralement tolérante, accueillante et pacifique où, quelques heures seulement après une fusillade lâche et sanglante, on ne se formalise pas de vous voir, vous l’impie, entrer dans un lieu de culte le visage enfoui dans la capuche de son parka.
Or, nous sommes peut-être un peu naïfs. Le genre de drame qui s’est produit à Québec pourrait survenir ici. De l’intolérance, du racisme et des gestes malheureux, il y en a aussi chez nous. Souvenez-vous: en 2010, des vandales avaient placardé sur ce même Centre islamique des tracts islamophobes.
Alors que les discours anti-immigration sont de plus en plus normalisés (pensons à la candidate conservatrice Kellie Leitch et à son projet de «test des valeurs»), il importe d’être vigilants.
Lorsque l’on est confrontés à des discours haineux et nimbés d’ignorance, nous avons une responsabilité d’y répondre. Pas de déchirer sa chemise ou de réclamer qu’on fasse taire celui qui le prononce. Simplement, calmement, de répondre.C’est ainsi que le discours s’élève.