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le Jeudi 5 mai 2016 16:02 | mis à jour le 20 mars 2025 10:39 Politique

Langues officielles Vers une nouvelle… stratégie

Langues officielles Vers une nouvelle… stratégie
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OTTAWA – Qu’elle soit en accord ou non avec les mesures qu’il contient ou avec le financement qui s’y rattache, l’actuelle ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, doit vivre pendant encore deux ans avec le plan quinquennal en matière de langues officielles mis de l’avant par l’ancien gouvernement de Stephen Harper, en 2013.

Comparaissant devant le comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes à la fin avril afin de dresser un bilan de mi-parcours de cette Feuille de route pour les langues officielles qui couvre la période s’échelonnant de 2013 à 2018, la ministre Joly a été plutôt brève dans son évaluation.

« On note un soutien déficient du gouvernement précédent en matière de langues officielles », a-t-elle souligné.

Ainsi, ce qui devait s’avérer une rencontre visant à revenir sur la stratégie en place a rapidement tourné en un aperçu de la stratégie que comptent mettre en œuvre les libéraux dès 2018.

Bien qu’il soit encore tôt pour identifier les secteurs qui risquent de recevoir une bonne part du financement dans le cadre de cette stratégie, on a néanmoins appris que la ministre mènera, en collaboration avec son secrétaire parlementaire Randy Boissonnault, des consultations publiques en 2017.

« On voit des nouveaux besoins qui émergent, notamment en matière d’immigration et de communication. Nous croyons que ces conversations vont alimenter le futur plan qui sera développé au cours de l’année 2017 en vue de son entrée en vigueur en 2018 », a précisé la ministre.

« Tous les programmes vont être révisés et tous les besoins vont être identifiés pour savoir comment on peut faire mieux en matière de soutien aux communautés linguistiques », a-t-elle poursuivi.

S’il y a cependant une chose à laquelle on peut de toute évidence s’attendre, c’est que la stratégie en question ne porte plus le nom de Feuille de route. Après le Plan d’action pour les langues officielles de Stéphane Dion (2003-2008) et la Feuille de route des conservateurs (2008-2013 et 2013-2018), cette stratégie fort attendue au sein des communautés de langue officielle en situation minoritaire changera de nom.

« J’aime parler d’un plan d’action, d’un véritable plan de match plutôt que d’une simple feuille de route », estime Mélanie Joly.

Disparition des « Langues officielles »

Alors que Mme Joly semblait davantage intéressée à discuter de son futur plan d’action en matière de langues officielles et des célébrations entourant le 150e anniversaire du Canada, l’opposition avait pour sa part une autre idée en tête.

Le député conservateur Bernard Généreux et son collègue néo-démocrate François Choquette ont en effet talonné la ministre afin de savoir pour quelles raisons la mention « Langues officielles » avait été retirée de son titre. Rappelons que Mélanie Joly porte le titre de ministre du Patrimoine canadien. Depuis plusieurs années, on retrouvait un ministère du Patrimoine canadien et des Langues officielles au sein du gouvernement fédéral.

Revenant sur une entrevue sur les ondes de TV5 où elle avait péniblement tenté d’expliquer cette décision de son parti, Bernard Généreux a demandé à la ministre d’élaborer.

« Au niveau des langues officielles, on a une approche vraiment pangouvernementale. Transversale. Plusieurs ministères ont des responsabilités en matière de langues officielles, un peu comme pour les peuples autochtones où plusieurs ministères ont des responsabilités partagées. En tant que ministre du Patrimoine, c’est moi qui suis en charge de la coordination de tous les efforts », a soutenu la ministre.

Visiblement, la réponse n’a pas convaincu l’opposition, François Choquette lui rappelant que l’on n’avait pas pour autant aboli le ministère des Affaires autochtones.

M. Choquette s’est aussi appuyé sur des propos de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada pour insister sur le fait qu’il était essentiel, lorsqu’il est question de langues officielles, que les communautés puissent compter sur « une autorité centrale forte et clairement identifiée ».

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