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le Jeudi 2 mai 2013 11:53 | mis à jour le 20 mars 2025 10:39 Divers

Tourisme boréal Aventure au parc Tuktut Nogait

Tourisme boréal Aventure au parc Tuktut Nogait
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« Mince, c’est quand même un sacré bol de tomber sur moi alors que la toundra est si grande », c’est la première chose qu’a pensé Laurent Coppin lorsqu’il a vu deux motoneiges se diriger sur son campement en solitaire au creux d’un canyon dans le parc Tuktut Nogait à l’est de Paulaktuk aux Territoires du Nord-Ouest. Finalement, les deux motoneigistes inuits du parc national n’étaient pas en promenade, mais bien en mission de sauvetage alors que la famille de M. Coppin s’inquiétait et avait demandé qu’il soit rapatrié sans qu’il en soit informé.
Initialement, ce marcheur de l’Arctique qui observe et aime contempler la nature s’était fixé un objectif de parcourir 250 km en 17 jours pour redécouvrir les canyons de la rivière Brock et ceux de la rivière Hornaday. Après une semaine de rêve en terre nordique, le marcheur solitaire a été rattrapé par une perturbation atmosphérique qui l’a confiné à sa tente durant 2 jours. « Au 9e jour, raconte-t-il, ça soufflait bien, la température a monté, ce qui n’est jamais bon en Arctique quand il y a un conflit de température. Après deux jours dans la tente, une accalmie m’a permis de plier le camp et de changer d’emplacement. Mais là, ça c’est encore aggravé. » Grâce à son téléphone satellite, Laurent Coppin était pourtant en connexion quotidienne avec la France, que ce soit avec son épouse et personne de confiance à distance pour cette expédition, ou des classes d’écoles françaises qui suivaient son voyage. Mais, dans un blizzard de plus 60 heures, très peu de soleil peut alimenter les batteries rechargeables d’un téléphone satellite. Il avait alors averti qu’il économiserait ses piles que pour un appel d’urgence, Laurent Coppin attendait simplement l’éclaircie. Alors qu’il aurait été prêt à continuer à pied, c’est finalement en motoneige qu’il a conclu son aventure 2013.
« Le fait d’avoir une relation d’échange d’informations techniques avec mon épouse a fait que le côté émotionnel à jouer, ce qui lui a fait prendre une décision peut-être hâtive demandant mon rapatriement. Maintenant, je me retrouve dans une situation de non-aboutissements de mon projet donc j’ai besoin d’un moment de réflexion par rapport à ce que je veux faire dans le grand Nord. »
Ainsi, pour ce marcheur de l’Arctique, qui aime observer, contempler, qui ne cherche pas à faire des exploits, mais plutôt documenter la quintessence des écosystèmes boréaux, la prochaine année sera une année de mise au point. Il fera un retour sur ces dix années de clichés, de films, de marches où il a sensibilisé les futures générations et le grand public aux beautés de territoires moins médiatisés tels que l’extrême arctique des TNO. « La forêt boréale, la taïga ou la toundra sont des écosystèmes peu développés par les documentaires réalisés par chez nous. Comparativement aux stéréotypes du Grand Nord qui sont la banquise, les glaciers, les Inuit, j’ai envie de montrer aux jeunes la Toundra, cet écosystème que l’on retrouve le plus dans l’arctique », avance M. Coppin. Ce dernier dit vouloir, dans le futur, interagir avec les communautés des TNO, et pourquoi pas profiter de la langue française pour développer une meilleure compréhension de la réalité nordique.