J’étais content cette semaine en lisant que le directeur général, Marc Bergevin, annonçait qu’il était hors de question d’hypothéquer l’avenir du club pour trouver du renfort à court terme. Ça va au moins faire cesser les constantes suggestions de transactions (dont je suis également coupable) que les partisans évoquent tous les jours.
Le réflexe est tentant. En effet, cela fait un bon bout de temps que le Canadien est en aussi bonne position au classement, passant de 1er à 4e en l’espace de quelques heures. On se met alors à rêver à une belle séquence lors des séries éliminatoires et aux chances de remporter à nouveau la coupe Stanley. On devient alors des dg de salon et on échange allègrement des choix de repêchage pour du renfort immédiat.
Les propos de Bergevin ne signifient pas qu’il ne fera rien. Mais ça laisse présager qu’il compte conserver ses six choix des trois premières rondes du prochain repêchage. Ces choix peuvent devenir un tremplin important dans la reconstruction du club et son maintien à un haut niveau. Qui sait s’il ne trouvera pas un partenaire pour un échange mineur impliquant des choix plus tardifs. On peut aussi penser que Bergevin pourrait effectuer une transaction comme celle ayant ramené Ryder à Montréal contre Eric Cole. Cette transaction a libéré un peu de masse salariale pour les prochaines années tout en comblant temporairement le départ de Cole.
Et dans nos rêves, on voit tous Kaberle être échangé contre Sidney Crosby.
Il n’y a rien qui presse.
Si Bergevin veut une équipe tournée vers l’avenir, il possède déjà de beaux éléments. Sept des 20 joueurs réguliers ont 25 ans ou moins et vont encore s’améliorer. De plus, neuf joueurs ont entre 26 et 30 ans et sont donc près de leur sommet. De ceux-ci, Desharnais, Emelin et Diaz devraient continuer à s’améliorer de façon substantielle.
Cinq joueurs seulement ont 31 ans ou plus et de ceux-ci, Ryder (je ne compte pas Kaberle parmi les joueurs réguliers) ne devrait plus être avec le club l’an prochain.
Doté d’un jeune club, il serait étonnant que le Canadien régresse, à moins que Bergevin ne perde la tête et commence à défaire le bel ensemble qu’il a sous la main.
Un classement qui reflète bien l’équipe
Depuis le quart de la saison, le club n’a cessé de s’améliorer sur plusieurs plans. Le club n’est que 22e dans la Ligue nationale de hockey (LNH) mais son pourcentage d’efficacité pour les mises en jeu s’est amélioré à 48,4 %. Je parie que cela va continuer à s’améliorer, surtout à voir la façon dont Dumont et Eller s’améliorent chaque semaine.
Il y a de nombreux signes qui expliquent pourquoi Montréal est classé quatrième dans la LNH.
Montréal est cinquième pour la moyenne de buts pour par partie et sixième pour la moyenne de buts contre par partie (un différentiel de +19, au cinquième rang dans la ligue).
Le club est troisième pour les buts comptés à forces égales, sixième pour le nombre de tirs et de buts, sixième pour le nombre de tirs accordés. Et malgré tout, il ne compte aucun joueur parmi les 45 meilleurs marqueurs de la ligue.
Ce sont de belles statistiques qui reflètent bien pourquoi le Canadien est proche du sommet et qui surprend tant de gens alors que l’an dernier, le club croupissait dans les bas-fonds.