Le réalisateur Andrew Silke de Yellowknife se rendra au 65e Festival de Cannes, en France, pour la présentation de son court-métrage, Amelia.
Le festival d’art cinématographique de Cannes est à la France ce que les Oscars sont à Hollywood : un rêve. Un merveilleux rêve de réalisateur qui se concrétisera pour Andrew Silke.
Le jeune homme de 25 ans, résident de Yellowknife, assistera à la présentation de son court-métrage, Amelia, sur la Croisette. Sa deuxième œuvre à titre professionnel n’est pas en compétition, mais la visibilité qu’offre Cannes lui ouvrira certainement plusieurs portes.
« Je suis extrêmement excité. C’est fou. Je suis à la fois nerveux et excité. Je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre. Je ne suis jamais allé en France », confie le réalisateur.
C’est grâce à un concours de Téléfilm Canada qu’Andrew Silke pourra présenter son film de l’autre côté de l’Atlantique. Vingt-cinq courts-métrages ont été sélectionnés afin de promouvoir l’industrie canadienne du film à l’étranger.
« Mon film est un drame. Cela raconte l’histoire d’une mère qui, à la suite de la naissance de son bébé, soupçonne sa fille de 10 ans de vouloir faire du mal au nouveau-né », explique le cinéaste.
Amelia est un court-métrage sombre qui a été entièrement filmé à Yellowknife, l’hiver dernier. La production est indépendante, mais a été soutenue par deux entreprises, soit Blackswan Films et Parallel Sixty Productions.
Filmer dans le Nord
Andrew Silke a choisi de tourner son court-métrage dans la capitale des Territoires, une attraction de plus en plus populaire pour les cinéastes. Cannes sera également une occasion de montrer le talent nordique.
« J’étais enchantée d’apprendre la bonne nouvelle. Andrew a quelques films à son actif et il sera un très bon ambassadeur pour les TNO », affirme Camilla MacEachern, commissaire adjointe de l’industrie du film des Territoires.
Selon elle, une occasion comme celle qu’a le jeune réalisateur permet de présenter le bassin de talents que renferme le Grand Nord canadien.
« Je pense que le nombre de films réalisés dans le Nord est en hausse. Il y a plusieurs réalisateurs dans la région ainsi que des entreprises cinématographiques plus importantes qui viennent filmer, pensons à Arctic Air ou Ice Pilots, par exemple », ajoute Mme MacEachern.
La commission cinématographique des Territoires du Nord-Ouest en est d’ailleurs à la création d’un site Internet pour attirer les réalisateurs et producteurs, avec des photos des paysages et des endroits propices aux belles images.
Dans la cour des grands
Andrew Silke est plus qu’enthousiaste à l’idée de rencontrer d’autres réalisateurs et acteurs célèbres, présents pour l’événement : « Si je pouvais rencontrer Seth Rogen, cela serait vraiment super. Si je pouvais rencontrer Bill Murray, cela serait fantastique. Il va présenter un film à Cannes, Bruce Willis aussi. Il y aura plusieurs personnes qui assisteront aux projections ».
M. Silke aura peut-être la chance de voir une de ces célébrités visionner son projet cinématographique, lors des séances des 21 et 22 mai prochain.
Espérons que ce dernier saura profiter des quelques jours sous le soleil cannois, car encore beaucoup de travail l’attendra à son retour.
« Je souhaite pouvoir distribuer Amelia. Je vais rencontrer des distributeurs nationaux et internationaux lorsque je serai à Cannes, donc s’ils aiment le film, ils pourront acheter des copies et les droits », explique le réalisateur.
Et comme une idée n’attend pas l’autre dans la tête du jeune Silke, il a déjà commencé à tâter le terrain, au sud du pays, pour la réalisation d’éventuels projets.
D’ici là, Andrew Silke devra revoir ses leçons de français, langue qu’il a étudiée à la fin de son secondaire : « Mon français est bon, mais mon accent demande un peu de travail », ajoute-t-il en riant.