Un spectacle bien spécial attendait les élèves des écoles francophones de Yellowknife, le vendredi 27 janvier 2012, à l’école J. H. Sissons.
Dans un spectacle entièrement dévoué aux enfants, l’artiste québécois Pierre Lessard était au gymnase de l’école J. H. Sissons la semaine dernière pour y interpréter son personnage du Violon Dingue.
Ce violoniste farfelu chevauche les époques pour retracer l’histoire du violon, en passant par diverses anecdotes loufoques.
Pierre Lessard entre dans la peau de plusieurs personnages différents qui ont contribué à faire de l’instrument ce qu’il est aujourd’hui.
Il débute déguisé en homme des cavernes, qui au moment de se servir de son arc à flèches, se rend compte que le frottement produit un son.
Se succéderont ensuite des personnages quelque peu caricaturaux de certains pays à travers le temps jusqu’à notre époque, où un Anglais de New York cherche à devenir le prochain « big shot » à Paris, en France.
« Nous avons participé à la présentation, raconte, émerveillé, le directeur de l’école Sissons, Paul Bennet, aux quatre coins du monde avec la musique, le violon. De l’époque avant Jésus-Christ jusqu’aux temps modernes à New York. Pierre a été fantastique. »
L’école d’immersion francophone accueillait aussi les élèves des écoles Allain St-Cyr, William Macdonald et Range Lake pour assister à la représentation du Violon Dingue.
Plus qu’un spectacle
Si la prestation sur scène de Pierre Lessard se veut autant de l’amusement que de l’apprentissage, il y a souvent plus que le spectacle à son avis.
« Le volet éducatif se fait souvent par les fichiers pédagogiques envoyés dans les écoles, explique le violoniste. Lorsque les enseignants ont le temps de passer au travers, ne serait-ce qu’en partie, c’est intéressant, parce que déjà, les enfants sont plus éveillés à ce qui va se passer. Et en plus, c’est comme si ça créait un « buzz ». Cela fait qu’ils ont encore plus hâte et qu’il y a des pièces du spectacle qu’ils attendent. »
L’artiste était aussi sur la scène du Northern Arts and Cultural Centre le lendemain, le samedi 28 janvier.
Pour lui, le fait de jouer dans les écoles ou devant un public ne fait pas une bien grande différence.
« Étant donné que le spectacle a été pensé pour les jeunes, croit Pierre Lessard, dans le fond, les autres endroits où je vais jouer, ce sont les festivals et c’est familial. On se retrouve avec des jeunes, parfois même encore plus jeunes et avec les parents, mais les parents se mettent souvent dans l’esprit des jeunes et ce n’est pas un problème. Et puis parfois, ça me donne l’occasion de faire des clins d’œil aux parents en suggérant un deuxième sens. »
S’il y a lieu, c’est même encore plus drôle parfois de jouer devant des écoles, puisqu’il peut faire participer les enseignants.
« Il y a dans le spectacle un moment où un des personnages va faire une sérénade à une enseignante, indique le Québécois. C’est directement pour les adultes, c’est évident, mais en même temps, les enfants qui voient la scène trouvent ça super drôle. Et puis ça les embarque, tout d’un coup, comme si juste avec un morceau comme ça, je fais partie de la « gang ». Des fois ça va mieux que d’autres. Comme aujourd’hui, c’était drôle parce que l’enseignante a commencé à rougir, alors dans ce temps-là, ça fonctionne bien! »
En français
Et justement, c’est cette interaction avec les élèves et les enseignants qui a suscité l’attention des spectateurs.
Trois jeunes de différentes écoles sont montés sur scène à la mi-spectacle pour participer en jouant quelques instruments.
« Nos élèves et tout le monde adorent la musique, souligne Paul Bennet. Les élèves ont contribué à la présentation et ont participé. Pierre a fait un spectacle vraiment accessible pour eux et dans notre langue seconde, ici. On était fiers de nous-mêmes et on a vraiment aimé. »
Le fait que le spectacle soit joué presque majoritairement en français ne semblait pas non plus être un problème sur le plan de la compréhension des jeunes spectateurs, selon le directeur.
« C’est incroyable. Les élèves d’immersion comprennent le message et observent tout ce qui se passe, analyse-t-il. Peut-être qu’ils manquent un mot ici ou là, je ne sais pas, mais ils ne manquent pas le message. »
Mais ce n’est pas nécessairement durant le spectacle que l’on se rend compte si les enfants ont bien compris ce dont il était question.
« J’ai l’impression que les jeunes, c’est quand ils reviennent chez eux et qu’ils disent à leurs parents : “J’ai vu tel musicien”, il y a quelque chose qui les a accrochés, affirme Pierre Lessard. Il y a un personnage qui les a accrochés et les parents posent des questions, du genre : “Ah c’était quoi? Un Chinois? Et qu’est-ce qu’il jouait le Chinois? ” L’important, c’est que l’aspect ludique fasse en sorte que moi, je ne suis pas là pour leur faire gober toute l’information, mais que s’ils se souviennent de ça plus tard et qu’ils ont envie de jouer un instrument de musique, mon travail est fait. »
Le violoniste originaire de Montréal, au Québec, n’était d’ailleurs pas à sa première fois dans le Nord, puisqu’il était venu brièvement il y a plus de dix ans. Mais cette fois-ci, il a pu mieux profiter de son séjour dans le Nord.
« Ici maintenant, ça va très bien. Les gens, l’organisation, aussi le NACC, tous les gens qui nous organisent ça sont très “d’adon”, comme on dit au Lac-Saint-Jean! »